Engie : chute de 20 % en bourse depuis le conflit russo-ukrainien

Engie, fournisseur d’énergie, mais surtout fournisseur historique de gaz en France, est l’une des premières entreprises françaises à pâtir de la guerre en Ukraine. L’action Engie a perdu 20 % sur le marché boursier. En cause : son implication dans les pipelines Gazprom et le gazoduc Nord Stream 2.

tarif gaz

S’il y a bien une certitude dans le cas du fournisseur de gaz Engie, c’est que les investisseurs n’en ont plus aucune à son égard depuis plus de quinze jours maintenant ! Cette méfiance quant aux conséquences directes ou indirectes du conflit sur la santé financière d’Engie a fait chuter drastiquement l’action du groupe, balayant ainsi 10 milliards d’euros de capitalisation boursière.

Comment expliquer cette réaction des investisseurs ?

Les pipelines Gazprom et le financement du gazoduc Nord Stream 2 à 987 millions d’euros

Deux raisons principales à ce repli :

La participation d’Engie dans la construction du gazoduc Nord Stream 2, qui a fait couler beaucoup d’encre et qui devait assurer une livraison de gaz naturel russe vers l’Europe deux fois plus importante qu’auparavant.

La société suisse Nord Stream 2 AG, gérant le gazoduc, a en effet, déposé le bilan la semaine passée. Aux côtés de quatre autres énergéticiens, dont le géant russe Gazprom et la Royal Dutch Shell, Engie a fait partie des prêteurs dans ce projet d’exportation de gaz et est exposé à un risque de crédit de 987 millions d’euros. Si le fournisseur de gaz et d’électricité français venait à déposer le bilan, il ne récupérerait pas son investissement.

En plus du financement de Nord Stream 2, Engie est actionnaire à 9 % de Nord Stream 1, autre gazoduc russe de Gazprom, toujours en marche. Il est fort probable qu’Engie se retrouve à vendre sa participation sans aucun profit, si une politique nationale ou européenne l’y contraignait prochainement.

L’engagement avec Gazprom : Engie négocie 120 térawattheures par an avec l’industriel russe. Mais, une partie de ces contrats est finalisée au mois et est couverte par des achats à terme. Si l’approvisionnement de gaz russe est stoppé, Engie devrait racheter le volume correspondant sur un marché du gaz européen aux prix extrêmement hauts et volatiles. Le surcoût pourrait alors atteindre 5 milliards d’euros.

Pas d’autre solution que la continuité du gel des tarifs à court terme

Dans ce contexte de guerre et d’inflation des tarifs du gaz, Engie n’est pas à l’abri d’une décision politique qui chercherait à réduire ou à couper les arrivées de gaz en provenance de Russie.

Pour l’instant, l’État français continue de pratiquer le bouclier tarifaire pour protéger les particuliers, c’est-à-dire payer la différence entre tarif réglementé de vente et tarif de marché pour le gaz, même si le surcoût grossit et avoisinerait les 10 milliards d’euros pour l’année 2022.