Parc d’éoliennes de Dunkerque : la Belgique porte plainte contre la France

Déjà en proie à certaines tensions au sujet d’un parc d’éoliennes au large de Dunkerque, la France et la Belgique ne semblent pas trouver de terrain d’entente au sujet de ce projet d’énergie renouvelable à venir. À tel point que la Belgique a annoncé avoir porté plainte auprès de la Commission européenne contre la France.

Parc d'éoliennes Dunkerque : Belgique porte plainte contre France


C’est un nouvel épisode qui s’ouvre dans ce que l’on pourrait appeler la guerre des ministères. Entre le gouvernement belge et français, le torchon continue de brûler au sujet du projet d’éolienne en mer, au large de Dunkerque (Hauts-de-France), tout près de la frontière belge. La Belgique, par l’intermédiaire de son ministre de la Mer du Nord, Vincent Van Quickenborne, a déposé une plainte auprès de la Commission européenne mardi. Elle reproche à la France de ne pas l’avoir consulté sur l’emplacement avant le début du chantier et qu’il s’agit là d’un recours « nécessaire pour sauvegarder [ses] droits ».

Ce sont donc de nouvelles tensions qui se profilent entre les deux pays. En effet, elles font suite à celles de juillet dernier, période à laquelle l’État belge, suivi de la région de Flandre et de la commune de La Panne avaient tous trois déposé une requête devant le tribunal administratif de Lille (Hauts-de-France) dans le but d’annuler purement et simplement le projet.

Si les intérêts d’une telle installation ne manquent pas pour le gouvernement français, ils sont bien plus discutables pour les habitants des communes côtières non loin de la frontière franco-belge.

Vincent Van Quickenborne a par ailleurs avancé que ces éoliennes représentent une réelle menace pour l’économie de la commune d’Ostende, qui craint que ses routes historiques entre la ville portuaire et le Royaume-Uni ne soient bloquées. Cette décision de Bruxelles fait suite à de nombreux échanges infructueux entre les deux pays. La Belgique estime que la France a manqué de bonne « volonté pour prendre en compte les droits des habitants du littoral belge, du port d’Ostende et des autres parties prenantes ». Et pour cause : la proposition de « solution simple, [à savoir] construire le parc éolien 5 km plus loin en mer », ne semble pas avoir été entendue.

La Belgique déterminée à obtenir gain de cause auprès des juridictions européennes

Pour rappel, ce projet de parc éolien prévoit l’implantation de 46 éoliennes d’ici 2027. Elles s’étendraient sur 10 kilomètres au large de Dunkerque et fourniraient une puissance de 600 MW. Le parc, qui profitera d’une surface globale d’environ 50 km2, fait également l’objet de débats houleux entre les promoteurs (à savoir EDF Renouvelables, Innogy SE, Enbride et RTE) et les locaux, ces derniers craignant des retombées négatives sur la biodiversité, en particulier les oiseaux et les fonds marins.

C’est désormais à l’exécutif européen de se prononcer sur la recevabilité de la plainte. Elle a trois mois pour cela. En cas de rejet du recours, le ministre belge pourrait saisir la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE)

De son côté, le Conseil d’État se prononcera prochainement sur la plainte de l’État belge et des communes côtières non loin du parc éolien à venir.