Nucléaire : le rapport Folz soutient la construction de réacteurs

L’ingénieur Jean-Martin Folz, ancien patron de PSA, a dénoncé l’approche d’EDF à Flamanville. Cependant il conseille de développer les centrales nucléaires en France.

nucléaire

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a reçu cette semaine le rapport tant attendu de Jean-Martin Folz sur l’avenir de l’EPR (réacteur pressurisé européen) et l’avenir du nucléaire. Cet état des lieux est à double tranchant pour EDF : il dézingue la gestion du projet de Flamanville, mais il préconise pourtant la construction de nouveaux réacteurs.

Concernant la construction de l’EPR de Flamanville, Jean-Martin Folz dénonce des estimations irréalistes. « EDF a grossièrement sous-estimé la complexité du projet », peut-on lire dans son rapport. L’EPR aurait dû être mis en service en 2012, alors que les dernières prévisions tablent sur 2022, avec une facture d’électricité triplée (12,4 milliards d’euros au lieu de 3,3 milliards).

Prix de l’électricité : fin ou hausse du dispositif Arenh pour EDF ?
Lire l'article

L’avenir du nucléaire entre les mains de Bruno Le Maire

Quant à la filière nucléaire de manière générale, l’ingénieur déplore un manque d’expertise mais se veut rassurant. S’il constate « une perte de compétence généralisée », cela prouve qu’il faut davantage de moyens. « Les progrès observés au cours des récentes années doivent conforter et amplifier les choix d’organisation faits par le fournisseur d’électricité EDF ».

Et loin de vouloir la mort du nucléaire, Jean-Martin Folz pense qu’il faut développer « des programmes stables à long terme de construction de nouveaux réacteurs » pour dynamiser la filière. Bruno Le Maire évoque déjà un report des fermetures des vieilles centrales à 2023, qui pourraient être remplacées par de nouvelles. Pour les détracteurs de l’atome, ce rapport Folz est simplement un outil médiatique pour préparer à la construction de centrales.