Nucléaire : vers une mise en service de l’EPR de Flamanville d’ici fin 2023

Et si le projet de l’EPR de Flamanville (Manche) voyait enfin le bout du tunnel ? Le fournisseur d’énergie EDF se veut optimiste à ce sujet, après 15 ans de travaux et autres imprévus.

Nucléaire : mise en service EPR Flamanville d'ici fin 2023


Il aurait dû être mis en service en 2012. Le réacteur de la centrale de Flamanville va enfin voir le jour, au grand soulagement du fournisseur d’électricité historique, qui a dû composer avec de nombreux problèmes : sécurité des installations, corrosion, pandémie, restriction budgétaire… Multiples ont été les obstacles qui se sont dressés face au mastodonte du marché de l’énergie en France.

Mais Alain Morvan, Directeur du projet Flamanville 3 pour EDF se veut optimiste : 

« Flamanville est aujourd’hui plus proche d’une centrale en exploitation que du chantier. […] Toutes les équipes sont concentrées sur l’objectif d’un chargement au 2ème trimestre 2023 et une production des premiers mégawatts sur le réseau avant la fin de l’année 2023. » Une fois encore, EDF devra obtenir l’aval de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), car sans lui, aucune mise en service n’est possible.

Cette confiance placée en l’achèvement du projet est la bienvenue, d’autant plus que son coût estimé est passé de 3,3 milliards d’euros initialement prévus à 19 milliards d’euros selon un calcul établi par la Cour des Comptes il y a deux ans. Aujourd’hui encore, ce sont 3 000 agents qui travaillent sur ce chantier colossal qui permettra à EDF d’augmenter considérablement sa capacité de production d’électricité nucléaire.

Quelles sont les spécificités des réacteurs nucléaires de type EPR ?

Un EPR (pour European pressurized reactor, « réacteur pressurisé européen » en français) est un type de réacteur, de troisième génération, dont les premiers ont vu le jour dans les années 1990. Au-delà d’améliorer les performances de production de l’énergéticien, cet EPR permettra d’augmenter la sécurité des exploitants et de toutes les installations. Aussi, les EPR ont été pensés de sorte à ce qu’ils produisent plus d’électricité qu’un réacteur ancienne génération tout en rejetant jusqu’à 30 % de moins de déchets radioactifs.

C’est, d’ailleurs, tout l’enjeu des dernières vérifications qui seront faites par l’ASN. Elles concerneront notamment « la réparation des soudures ». Mais du côté du groupe, on se veut confiant, à l’image d’Alain Morvan : « […] aujourd’hui je pense qu’on a sécurisé l’ensemble des sujets techniques ». Le « sprint final » est lancé.