Électricité d’EDF : le fournisseur devra vendre plus d’énergie à ses concurrents

Quelque peu éclipsée par la crise sanitaire, la crise de l’énergie n’est toutefois pas terminée. La hausse des prix de l’électricité et du gaz est toujours d’actualité, contraignant fournisseurs et consommateurs à concevoir certaines concessions. EDF va devoir, lui aussi, en réaliser certaines, à commencer par vendre davantage d’électricité à ses concurrents.

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EDF va devoir vendre plus d’électricité à ses concurrents

Également appelé ARENH, l’Accès réglementé à l’électricité nucléaire historique permet aux fournisseurs d’électricité alternatifs et concurrents du fournisseur d’électricité EDF d’acheter de l’électricité produite par le parc nucléaire d’EDF à des prix très avantageux, à savoir 42 euros le mégawattheure (MWh). Ce dispositif permet, comme son nom l’indique, de faire jouer la concurrence et ainsi de proposer aux consommateurs une alternative intéressante.

Grand gagnant de cette crise de l’énergie puisqu’il a vu son nombre de clients repartir à la hausse à la fin de l’année 2021 (une première depuis 15 ans) grâce au Tarif réglementé de vente (TRV), EDF va devoir lâcher du lest, à en croire les échanges menés avec le gouvernement. Les fournisseurs alternatifs ayant toujours du mal à s’approvisionner en énergie à bon prix sur les marchés de gros de l’électricité, la révision du volume d’électricité que doit vendre l’énergéticien français semble être la solution privilégiée par les pouvoirs publics. Les fournisseurs alternatifs pourront de nouveau proposer des prix du kWh d’électricité plus intéressants à leurs clients et cesser l’achat d’une électricité dont le prix a dépassé les 300 euros le MWh il y a quelques semaines !

Encore faut-il convaincre EDF à qui l’on demande une hausse de l’Arenh d’environ 30 térawattheures, qui passerait donc de 100 à 130 TWh. Une source gouvernementale a d’ailleurs confié au Parisien que « les discussions avec EDF sont longues ».

Pourtant, le temps presse : malgré la baisse de certaines taxes liées à l’énergie et l’instauration d’un « bouclier tarifaire », annoncé par le Premier ministre Jean Castex, bloquant notamment l’augmentation des tarifs du gaz, la situation ne semble pas s’être améliorée. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) qui continue de communiquer mensuellement à propos des évolutions des tarifs de l’énergie, a évoqué une hausse qui aurait dépassé les 30 % si le blocage des prix n’était pas de vigueur.

Le temps presse pour le gouvernement

Si l’acceptation de cette demande n’arrangera pas le fournisseur historique (ni l’État qui est actionnaire d’EDF à hauteur de 84 %), rappelons tout de même que cette crise de l’énergie a bénéficié à l’énergéticien français, comme l’a affirmé le PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy :

Nous perdions chaque mois entre 60 000 et 80 000 clients qui cédaient aux sirènes de la concurrence. Tout le système étant fait pour qu’ils puissent se mettre juste en dessous du prix d’EDF et gagner ainsi de l’argent. […] Finalement, on est bien au chaud à EDF, ont réalisé certains de nos clients.

Jean-Bernard Lévy

Si le gouvernement s’évertue à protéger le consommateur des hausses de prix qui n’en finissent plus, il doit également composer avec les réticences d’EDF au sujet de l’Arenh, que son président qualifie de « poison », entravant la capacité du groupe à développer de nouveaux EPR (réacteurs nouvelle génération) et à entretenir un parc nucléaire déjà existant.

Les prochaines semaines devraient nous en dire davantage sur ce bras de fer tripartite : le gouvernement avait promis de contenir l’augmentation des prix de l’électricité à 4 % maximum pour le mois de février 2022.