EDF électricité : le groupe reçoit un mauvais bulletin des agences de notation

Alors que le groupe EDF estime aujourd’hui être spolié par l’État à l’approche des élections, son blason n’est pas encore sur le point d’être redoré par les agences de notation. Fitch et Standard & Poor’s (S&P) vont sanctionner l’entreprise suite à plusieurs annonces de la part du fournisseur d’énergie.

Fournisseurs d'électricité retour clients EDF

Fitch Ratings et S&P Ratings, deux sociétés de notation financières internationales jugeant la solvabilité des entreprises, s’apprêtent à faire tomber le couperet sur le groupe EDF : la note de la dette à long terme passerait à « BBB+ » (huitième note financière la plus élevée derrière A-/A3, accordée aux émetteurs de bonne qualité).

À cela s’ajoutent les mentions « sous surveillance en vue d’un abaissement » de la part de S&P, mais aussi « sous surveillance avec implication négative » de la part de Fitch ! Autrement dit, les agences envisagent de faire baisser encore cette note dans un futur proche, c’est-à-dire après le 18 février qui sonnera la publication des résultats annuels du fournisseur d’électricité historique français.

L’agence Moody a, elle, conservé une note de rang « A3 » pour EDF, mais a également assorti celle-ci d’une mention de surveillance en vue d’un potentiel abaissement.

La limitation gouvernementale et l’arrêt des réacteurs nucléaires en cause

EDF a ainsi annoncé suspendre la prévision de l’EBITDA (Excédent brut d’exploitation) : le chiffre d’affaires de l’entreprise auquel sont retirés les achats et charges externes, les charges liées au personnel et autres.

Le fournisseur d’énergie n’est, en effet, plus certain du tout de pouvoir garantir les données annoncées auparavant et cela, en raison des indications gouvernementales de jeudi dernier. EDF a été sommé de vendre un plus grand volume d’électricité à très bas prix à ses concurrents.

S&P suggère que l’EBITDA qu’EDF avait défini (18 milliards d’euros) pourrait en fait baisser de 10 à 13 milliards ! L’agence Fitch Ratings laisse entendre, de son côté, qu’elle prévoit un EBITDA inférieur de 75 % à ce qui était prévu avant pour EDF.

En cause également : l’arrêt prolongé de 5 réacteurs, notamment pour maintenance, sur la totalité du parc nucléaire détenu par EDF (56 réacteurs). La capacité de production nucléaire est donc heurtée de plein fouet et ne pourra pas non plus tenir ses prévisions.

Rappelons que la France dépend à 70 % du nucléaire pour ce qui est de l’approvisionnement électrique et qu’elle se retrouve fréquemment dans le rôle d’importatrice d’électricité depuis le mois de novembre alors qu’elle revêt traditionnellement l’habit de l’exportatrice.