Fournisseurs d’énergie : hécatombe sur le marché français

L’hécatombe avait commencé au Royaume-Uni, et plus précisément en Angleterre, avec d’importants fournisseurs d’énergie tels que Green Supplier Limited, People’s Energy, Omni Energy ou encore Social Energy Supply qui ont cessé leurs activités. Mais l’étau se resserre aujourd’hui sur les fournisseurs français qui peinent à maintenir leurs comptes.

Fournisseurs d'énergie hécatombe marché français

Les fournisseurs d’énergie anglais ne sont plus les seuls en difficulté

Débutée à l’automne dernier, la crise de l’énergie en France n’en finit plus. Les prix du kWh d’électricité sur le marché de gros continuent d’enfler, à tel point que les fournisseurs d’électricité alternatifs ne peuvent plus continuer à proposer des prix attractifs tout en dégageant une certaine marge. 

Si Hydroption a été placé en liquidation judiciaire et est en mauvaise posture, d’autres sont sur le point de suivre cette triste tendance, et pour cause : le Médiateur national de l’énergie indiquait déjà il y a quelques mois que le marché de l’énergie ne comptait plus que la moitié des abonnements d’électricité que l’on pouvait souscrire début 2021.

Comme annonciateur de la crise actuelle, l’annonce de E.Leclerc énergies qui indiquait qu’il allait mettre fin au contrat de ses milliers de clients au mois d’octobre 2021. Cette fin prématurée est représentative des difficultés que des dizaines de fournisseurs rencontrent actuellement. Plus récemment, c’est un autre fournisseur alternatif, GreenYellow (filiale du groupe Casino) qui a prévenu ses clients qu’il allait mettre fin à leur abonnement d’électricité, le 6 avril prochain.

Le jeune fournisseur Bulb Energy, arrivé sur le marché français en 2019 a, lui aussi, vu son autorisation de vente d’électricité en France être retirée. Cette cessation d’activité fait suite aux « augmentations de prix spectaculaires de l’énergie de gros ». Le fournisseur poursuit : « En raison [de ces dernières], il est apparu évident que la poursuite de l’activité en l’état n’était pas une option viable ».

D’ailleurs, les clients Bulb Energy ont été « transférés » à EDF (proposant les tarifs réglementés de vente, ou TRV) depuis le 20 janvier.

Le fournisseur d’énergie verte Planète OUI, comptant près de 150 000 clients traverse la même zone de turbulences qu’Hydroption et doit également essuyer une procédure de redressement judiciaire. Pourtant, la société mère du fournisseur, Simple Energy, a tenté une procédure de sauvegarde accélérée, sans succès.  

Le blocage des prix de l’énergie assuré jusqu’à la fin de l’année

Difficile aujourd’hui de savoir quelle tournure prendra cette crise et si les fournisseurs d’énergie pourront continuer à acheter leur électricité sur les marchés de gros à de tels prix. Heureusement pour eux, le Gouvernement s’est positionné sur la hausse du volume d’ARENH, à savoir de l’énergie nucléaire produite par EDF et vendue à tarifs préférentiels aux fournisseurs d’électricité concurrents.

Longtemps soumise au veto du fournisseur historique d’électricité, la volonté du Gouvernement et des fournisseurs alternatifs d’augmenter l’ARENH leur permettra sans doute d’entrevoir un moyen de tenir bon jusqu’à la sortie de crise. Du côté des clients finaux, le gel des tarifs (appelé « bouclier tarifaire ») annoncé par le Premier ministre Jean Castex le 30 septembre 2021 va être maintenu jusqu’à fin 2022. Sans ce mécanisme de blocage des prix, le tarif réglementé de vente aurait drastiquement augmenté… de plus de 40 % !