Électricité et gaz : un hiver « horrible » à venir selon certains observateurs britanniques

Alors que la crise de l’énergie frappe bon nombre de pays européens, chacun d’entre eux tente de trouver une solution pour endiguer la hausse des prix de l’électricité et du gaz. Mais cela suffira-t-il, notamment au Royaume-Uni, où plusieurs fournisseurs d’énergie ont déjà mis la clé sous la porte ?

Électricité et gaz : hiver horrible à venir selon observateurs britanniques


L’avertissement est signé Keith Anderson, dirigeant de ScottishPower, l’un des principaux groupes énergétiques britanniques : l’hiver prochain « va devenir horrible, vraiment horrible ». En cause, un prix du kWh d’électricité sur les marchés européens qui ne semble pas vouloir retrouver ses niveaux d’avant-crise. Si l’été et ses hausses de températures se révèlent un sursis, les mois suivants feront plonger « jusqu’à 30 à 40% de personnes dans la précarité énergétique », prévient pour sa part Michael Lewis, directeur général de E.ON, un autre fournisseur d’énergie britannique.

Les responsables britanniques, en particulier le chancelier de l’Échiquier (ministre chargé des Finances et du trésor) Rishi Sunak, a annoncé, courant mars, une nouvelle aide à venir après celle de 9 milliards de livres déjà annoncée en février pour améliorer le pouvoir d’achat des ménages.

Un bouclier tarifaire contre la hausse des prix de l’électricité et du gaz inenvisageable outre-Manche

Jugées insuffisantes par certains, ces aides font suite à une hausse moyenne de 54 % des prix de l’électricité et du gaz, ce qui représente près de 800 euros de plus par an à débourser pour les Britanniques, déjà en proie à une hausse de 1,25 % des cotisations sociales depuis le 1er avril.

Si ces mesures aideront les Britanniques dans un premier temps, « elles seront loin d’être suffisantes pour atténuer l’impact des hausses des prix », selon Michael Lewis. 

Le bouclier tarifaire comme il est appliqué en France n’est, par ailleurs, pas d’actualité au Royaume-Uni : « On ne peut pas aider tout le monde, parce que c’est trop cher », justifiait Rishi Sunak, le mois dernier.

Face à toutes ces difficultés, reste à savoir si la nouvelle stratégie de sécurité énergétique dévoilée par le gouvernement britannique début mars permettra au pays de retrouver sa dépendance et ainsi payer moins cher son énergie. À terme, d’ici 2030, ce sont 95 % d’électricité bas carbone qui devraient composer le mix énergétique britannique.

« Nous établissons des projets audacieux pour augmenter et accélérer la production d’une énergie abordable, propre et sûre, fabriquée en Grande-Bretagne, pour la Grande-Bretagne – du nouveau nucléaire à l’éolien offshore – dans la décennie à venir », a déclaré le Premier ministre Boris Johnson dans un communiqué.