EDF : les salariés du groupe en grève pour contester la hausse de l’ARENH

Mercredi 26 janvier, les salariés d’EDF ont fait grève. Des agents et grévistes de la CGT se sont rassemblés par dizaines dans toute la France pour faire état de leur mécontentement au sujet d’une obligation arrêtée par le Gouvernemen. EDF doit vendre plus d’électricité à bas coût à ses nombreux concurrents pour faire plus efficacement à la crise actuelle de l’énergie.

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Il n’y a donc pas que le marché de l’énergie qui est en crise. EDF fait également face à bien des difficultés. Nombreux ont été les salariés du groupe à contester la décision du Gouvernement d’augmenter le volume d’ARENH, soit la quantité d’électricité vendue 42 €/MWh (réévalué à 46 €) aux fournisseurs alternatifs (comme TotalEnergies ou Eni), concurrents directs d’EDF. Celle-ci passe de 100 TWh à 120 TWh vendus.

Que craignent les salariés d’EDF ?

« […] de bosser comme des esclaves pour que des entreprises privées se fassent du pognon », tout simplement. C’est en ces mots que Philippe Page Le Mérour, président du comité social et économise (CSE) central d’EDF a livré au site Reporterre le marasme partagé par près de 40 % de l’effectif en grève ce mercredi.

Selon les salariés du groupe, EDF se fragilise économiquement en accédant à la volonté de l’État d’augmenter le volume d’ARENH. Ils rappellent que plus d’un tiers de cette énergie nucléaire produite par le fournisseur est dédiée à cette vente aux fournisseurs nés de la libéralisation du marché de l’énergie dans les années 2000. Cela représente un manque à gagner pour un fournisseur-producteur qui doit non seulement dégager un bénéfice pour rénover et entretenir son parc nucléaire (de 56 réacteurs) mais également assumer son développement grâce à la construction de nouveaux EPR (réacteurs nouvelle génération).

Cette inquiétude se base également sur les chiffres communiqués par le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, qui estimait le 13 janvier, dans les colonnes du Parisien, que la vente de son excédent d’électricité aux fournisseurs alternatifs coûtera « entre 7,7 milliards et 8,4 milliards d’euros en fonction des prix de marché ».

Les mêmes états d’âme sont partagés par Jean-Bernard Lévy, PDG du groupe qui a vécu cette nouvelle comme un « véritable choc », lui a également critiqué et longtemps « combattu » cette décision prise au sommet de l’État.

Aurait-il été possible de faire autrement ?

Sans doute, selon le délégué syndical CFE-CGC de la centrale nucléaire de Golfech, non loin d’Agen (Tarn-et-Garonne), qui n’a pas manqué de commenter la nouvelle : 

C’est une décision totalement aberrante […] qui va considérablement fragiliser EDF, sans rien résoudre à la problématique dans la durée

Eric Kozlowski – Délégué syndical CFE-CGC


Le représentant estime qu’il est possible d’abaisser la TVA liée au prix de l’électricité à 5,5 %. Ce que l’exécutif, par l’intermédiaire de Bruno Le Maire, estime pratiquement impossible, non sans rappeler que « 15 milliards d’euros » ont été dépensés pour répondre à l’augmentation des prix de l’énergie.

Une autre réunion entre le CSE et la direction du groupe se tiendra le 4 février prochain pour en savoir plus sur l’évolution de la situation. Les questions abordées par les représentants des salariés, porteront sur les futurs investissements en faveur du parc nucléaire, le recrutement au sein de l’entreprise ou encore les répercussions de cette hausse du volume d’ARENH sur la volonté d’EDF de combler ce manque à gagner.