La crise de l’électricité face à l’État français : 150 entreprises auraient été épargnées

Il y a une semaine, l’État annonçait l’obligation pour EDF de vendre davantage d’électricité à bas prix à ses concurrents. S’il subit actuellement plusieurs attaques de la part des syndicats d’EDF, le gouvernement estime tout de même que sans son intervention, pas moins de 150 entreprises françaises auraient mis la clef sous la porte, entraînant avec elles 45 000 suppressions d’emplois.

Vous n’êtes pas sans savoir que le Premier ministre, Jean Castex, avait mis en place un bouclier tarifaire en fin d’année 2021. Son but : éviter aux ménages de suffoquer sous une hausse des prix de l’énergie, que l’on chiffre désormais à 44,5 % !

Le bouclier tarifaire permet de bloquer la hausse des tarifs de l’électricité et du gaz à seulement 4 %. Mais, pour mener à bien cette promesse, l’État a obligé son fournisseur d’électricité historique, EDF, à revoir ses conditions de vente. Celui-ci doit vendre plus d’électricité nucléaire à un coût réduit à ses concurrents : 20 térawattheures (TWh) supplémentaires pour être exact, c’est le mécanisme de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique).

Malgré la colère émise par les syndicats d’EDF, la Ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a tenu à tempérer cette position en soulignant qu’il s’agit pour EDF « d’un manque à gagner, mais [qu’] ils ne perdent pas d’argent ».

Un enjeu crucial pour les « consommateurs industriels d’électricité »

C’est un conseiller au cabinet de la ministre déléguée à l’Industrie qui a déclaré que 45 000 emplois auraient été sauvés par le gouvernement grâce à cette mesure et que « 150 entreprises électro-intensives » auraient, sinon, périclité.

Quels sont les sites qui sont le plus touchés par cette situation ? Sans surprise, les entreprises qui consomment énormément d’électricité, à l’image des usines d’aluminium, de plastique PVC ou de ferro-alliages. La secrétaire d’État, Agnès Pannier-Runacher, est d’ailleurs attendue aujourd’hui sur le site d’Aluminium Dunkerque, dont la consommation électrique est la plus importante de France (l’équivalent de 850 000 ménages).

Les matériaux produits par ces entreprises servent de base à d’autres grands industriels comme les constructeurs automobiles ou aéronautiques. Cette décision gouvernementale était donc un moyen d’éviter une chaine de perturbations, « un effet domino » dans d’autres grandes entreprises nationales !

Philippe Darmayan, ancien directeur d’ArcelorMittal France, d’UIMM (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie) et de France Industrie, s’est ainsi vu confier une mission pour six mois : réfléchir à « l’établissement de contrats à long terme » pour les industriels qui nécessitent un large approvisionnement en électricité.