EDF est autorisé à vendre plus cher l’électricité à ses concurrents

Dès le 1er janvier 2023, EDF, fournisseur d’énergie historique, pourra vendre à un prix plus élevé l’électricité qu’il produit à ses concurrents. C’est l’une des mesures faisant partie du projet de loi d’urgence pour le pouvoir d’achat qui a été adopté par l’Assemblée nationale il y a quelques heures, ce vendredi 22 juillet.


Après 5 jours de débats animés, les députés ont adopté, en première lecture et à une large majorité, le projet de loi d’urgence sur le pouvoir d’achat dont une partie des mesures portent l’énergie.

Selon l’AFP, les députés ont voté pour l’augmentation du prix fixe auquel EDF vend l’électricité produite au sein de son parc nucléaire. Un amendement auquel le gouvernement s’est opposé, sans succès. Ainsi, dès l’année prochaine, EDF pourra vendre le mégawattheure (MWh) à « au moins 49,5 » € contre 42 € aujourd’hui.

Depuis l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence, EDF a l’obligation de vendre une partie de son énergie produite à ses concurrents, communément appelés fournisseurs alternatifs, dans le cadre de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique).

Ce mécanisme a été mis en œuvre avec plusieurs objectifs dont le maintien de la concurrence entre les fournisseurs d’électricité, un accès à des prix raisonnables pour les consommateurs et l’émergence de productions alternatives d’électricité.

L’Arenh, un dispositif critiqué

Or, au vu de la crise énergétique, plusieurs voix s’élèvent contre le fonctionnement du marché de l’électricité en France. Malgré son opposition, la rapporteure LREM (majorité présidentielle) du volet énergie, dans le cadre du projet de loi, a reconnu que l’Arenh « devait être revu » indique l’AFP.

Il y a deux semaines, la Cour des comptes a également pointé du doigt l’ensemble des outils politiques en matière d’électricité, qu’elle estime qu’il faut revoir, y compris l’Arenh.

Pour la Cour des comptes, ce dispositif est à bout de souffle et n’a pas permis de répondre aux objectifs qui étaient initialement fixés. L’Arenh aurait, au contraire, participé à la hausse progressivement du prix de l’électricité vendue aux consommateurs.