Panneaux solaires : la bête noire des assureurs français

De plus en plus de panneaux solaires fleurissent sur les toits des habitations en France, témoins d’une population davantage sensible à la préservation de l’environnement et à la production d’énergie verte. Cependant, les assureurs rechignent à couvrir les risques qui y sont liés, ce qui va à l’encontre de la tendance générale : le verdissement de l’économie. Comment expliquer ce phénomène ?

energie solaire

La réglementation floue des panneaux photovoltaïques

Avec un simple contrat multirisques habitation et moyennant une dizaine d’euros en plus par rapport à votre contrat, ou bien en contactant votre compagnie d’assurance, vous êtes couverts pour vos panneaux solaires ! C’est en tout cas ce qui se dit lorsque vous êtes à la recherche d’une assurance pour la totalité de votre habitation. Dans les faits, il est plus compliqué de trouver un bon assureur, englobant également les panneaux photovoltaïques.

Il est vrai que les chiffres sur les sinistres en lien avec les panneaux solaires peuvent effrayer. En 2009 : 50% des installations n’étaient pas conformes aux normes européennes et ont conduit à des accidents comme des incendies, des inondations, des fuites d’eau et des électrocutions. En 2010, une vague de sinistres a également déferlé sur le territoire français.

Les sinistres découlant des malfaçons de panneaux solaires posés dans les années 2009/2010 s’élèvent à 300 millions d’euros et même jusqu’à 600 millions d’euros si l’on prend en compte les chantiers qui n’ont pas encore été passés à la loupe des normes européennes ou n’ont simplement pas encore déclaré de sinistre.

Ces chiffres s’expliquent par le développement du système photovoltaïque durant cette année charnière 2009/2010, dans un contexte où la réglementation n’était pas définie de manière stricte. Ce sont les fortes incitations fiscales qui ont achevé de convaincre des professionnels de se lancer dans l’aventure.

Or, ceux-ci n’avaient pas forcément les compétences adaptées pour la pose de panneaux solaires ou une expérience suffisante dans le domaine des énergies renouvelables pour comprendre toutes les implications nécessaires. On comprend aisément pourquoi cela a mené à une explosion des malfaçons sur ces chantiers pourtant prometteurs.

En conséquence, les assureurs n’ont plus la même facilité à accorder des souscriptions aux personnes qui veulent faire assurer leur toiture écologique : trop d’imprévus et de potentiels dégâts.

Quelles solutions pour s’organiser face aux constructions photovoltaïques massives ?

Des solutions sont mises en place pour tenter de réconcilier assureurs et panneaux solaires :

  • La création d’un groupe de travail entre la Fédération Française de l’Assurance (FFA) et les fédérations du bâtiment. A la clef, une meilleure communication sur le thème de l’assurance, ce qui débouche sur un assainissement des travaux et une baisse de la sinistralité ;
  • L’origine de l’importation des panneaux solaires imposée : les matériaux doivent obligatoirement venir de pays respectant les normes CE comme l’Allemagne. Le document de référence étant le DTU en France (Document Technique Unifié, listant toutes les exigences techniques dans le marché de la construction en France).

Même si ces nouvelles sont censées mettre en lumière la fluidité de l’arrivée des panneaux photovoltaïques sur les toits français et montrer que l’avenir de l’assurance devrait être radieux, beaucoup d’acteurs du marché, notamment les syndicats, craignent que la situation ne dégénère. Leur principale inquiétude tourne autour de la prise en main du problème par les assureurs étrangers et les assureurs en Libre Prestation de Service, impliquant des risques bien plus importants pour les assurés comme :

  • Peu ou pas de contrôle des pratiques et des opérations de la part de l’Etat ;
  • La perte de la garantie financière apportée auparavant par l’Etat pour compenser le vide laissé par les assurances.