Anti-Linky : qui sont-ils et pourquoi refusent-ils le compteur communicant ?

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Le compteur Linky, dont le déploiement à l’échelle nationale a démarré en 2015, fait couler beaucoup d’encre. S’il est possible de le retrouver dans de nombreux habitations, il reste, aujourd’hui encore, de nombreux opposants à son installation. Ceux que l’on appelle les « anti-Linky » se comptent par milliers et revendiquent le droit de refuser l’installation de Linky, qu’Enedis projette de faire installer dans tous les foyers français ayant choisi l’électricité pour énergie, d’ici 2022.  Qui sont les anti-Linky et que reprochent-ils au compteur d’Enedis ?

Les revendications des anti-Linky

Que reproche-t-on au compteur Linky ?

Nouveau compteur électrique déployé par Enedis (anciennement ERDF) dans les foyers depuis 2015, le compteur Linky ne fait pas (encore) que des émules. Un certain nombre de consommateurs, les « anti-Linky » font le choix de refuser le compteur Linky. Similaire au compteur de gaz communicant Gazpar conçu par le gestionnaire de gaz GRDF, le compteur Linky a vite été confronté à des refus.

Linky délivrerait un grand nombre d’ondes électromagnétiques

Anti-Linky Linky ondes électromagnétiques


Principal argument des anti-Linky, le débat sur la dangerosité des ondes électromagnétiques du petit compteur vert n’a pas lieu d’être ! En effet, un compteur Linky émet un niveau d’émission 100 fois inférieur à la limite imposée par la réglementation et 5 fois moins d’ondes qu’un ordinateur portable, pourtant utilisé au quotidien et proche de nous. 

Linky violerait les données personnelles des consommateurs

Autre idée reçue au sujet de Linky, celle de la protection des données des consommateurs qui ne serait pas respectée en cas d’utilisation du compteur communicant. Mais que l’on se rassure, Linky n’est pas un compteur espion déployé pour épier les faits et gestes des Français ! 

Toutefois, la question avait été soulevée il y a de cela quelques années par la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL). À l’issue d’un contrôle inopiné dans les locaux EDF, la société mère d’Enedis en 2012, la CNIL a relevé que le consentement des utilisateurs au sujet de la collecte de leurs données de consommation électrique n’était pas clairement donné et que le gestionnaire de l’électricité ne se conformait pas au règlement général sur la protection des données (RGPD).

Depuis, Enedis respecte le RGPD et les données des clients sont collectées après obtention de leur consentement de manière éclairée et transparante. En outre, lesdites données sont chiffrées afin que l’anonymat de chacun soit préservé. Ce chiffrage est d’ailleurs reconnu et validé par l’Agence nationale des systèmes d’information, l’ANSSI

Les incidents techniques survenus à la suite de la pose du compteur Linky

Beaucoup d’anti-Linky ont reproché au compteur communicant plusieurs problèmes techniques, parmi eux ont été relevés : 

  • Des coupures d’électricité ;
  • Plusieurs dysfonctionnements d’appareils électriques
  • Des problèmes de facturation

Il a effectivement été constaté que des problèmes techniques sont apparus à la suite d’utilisation du compteur Linky. Si cela vous arrive, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre fournisseur d’électricité auprès duquel vous avez fait la souscription d’un contrat d’électricité afin de savoir si cela ne vient pas de son fait. Celui-ci vous invitera peut-être à contacter Enedis si le problème n’est pas résolu.

La pose de Linky irait contre l’intérêt des consommateurs

Anti-Linky Linky contre intérêt consommateurs


Plusieurs associations et autres figures anti-Linky partent du principe que ce compteur a été déployé pour favoriser le gestionnaire de réseau Enedis et les fournisseurs d’électricité.

Ces nouveaux compteurs sont une pièce maîtresse des « smart grids », ces réseaux intelligents pensés pour optimiser la consommation d’électricité à l’échelle du pays. Mais s’ils sont précieux pour RTE, Enedis et EDF, les consommateurs devraient également y trouver leur compte dans la mesure où ils peuvent plus facilement réaliser des économies d’énergie en faisant le suivi de leur consommation électrique en temps réel. Par ailleurs, de très nombreuses opérations liées au compteurs électriques du foyer deviennent possibles car ces compteurs sont communicants et permettent ainsi à Enedis d’intervenir à distance, et donc, plus rapidement.

Refuser le compteur Linky : que dispose la loi à ce sujet ? Il n’est pas possible de refuser le compteur Linky, en vertu de l’article L. 341-4 du Code de l’énergie réglementant l’installation des compteurs Linky en France. Il est néanmoins possible de repousser l’installation du compteur. En effet, un technicien Enedis n’a pas le droit d’entrer chez vous sans votre autorisation. Par contre, votre autorisation ne sera pas nécessaire si le compteur Linky se trouve à l’extérieur de votre logement.

Qui sont les anti-Linky ?

La genèse du mouvement anti-Linky

Le mouvement anti-Linky (également appelé « stop-Linky ») est né dès le début du déploiement du compteur communicant. Il compte quelques milliers de personnes qui remettent toutes en cause la légitimité du compteur. Cette opposition a vite pris de l’ampleur, notamment grâce à certains sites dédiés et au réseau social Facebook, les mettant en lien et leur permettant de coordonner leurs actions à venir.

Rassemblées en collectifs, ces personnes résident dans toute la France et s’attèlent à dénoncer auprès du gouvernement les risques que pourraient représenter ces compteurs électriques. 

Les acteurs du mouvement

Les anti-Linky se comptent par milliers et restent difficilement identifiables, profitant de leur nombre et du relatif anonymat offert par Internet. Cela étant, quelques figures et autres groupes clairement identifiés se dégagent : 

  • Corinne Lepage : ancienne ministre de l’Environnement, elle s’oppose au compteur Linky en prônant le « principe de précaution ». Selon, l’ancienne ministre, tous les dangers des compteurs ne seraient pas connus et des études « évaluant les effets de ces compteurs sur la santé » devraient être menées par l’État pour être fixé à ce sujet ;
  • Stéphane Lhomme : militant le plus connu du mouvement, il remet en question non seulement le déploiement du compteur Linky mais également le nucléaire qu’il considère comme dangereux. Il accuse notamment Linky d’être un « Big Brother » exploitant les données des consommateurs à des fins commerciales ;
  • Philbert Mahé est le fondateur de POAL, la Plateforme Opérationnelle Anti Linky. Il s’agit d’une application en ligne développée pour « lutter contre le déploiement du Linky ». Cette plateforme permet entre autres d’échanger des informations, d’organiser des débats et autres discussions sur le compteur Linky ;
  • On recense également des associations (Robin des Toits, Next-Up, PRIARTEM…) s’opposant à la prolifération des ondes, des groupes anti-Linky localisés dans plusieurs communes ainsi que des mairies qui font valoir leur droit de choisir ou non l’installation Linky par le biais d’arrêtés.

Anti-Linky : la réponse d’Enedis

Anti-Linky réponse Enedis

Le gestionnaire d’électricité reste assez discret sur le sujet, multipliant les spots et autres campagnes de sensibilisation autour du compteur Linky. Il s’agit d’un véritable bras de fer qui s’est engagé entre le gestionnaire et les opposants.

Ces derniers ont d’ailleurs obtenu gain de cause en septembre 2021, puisque le tribunal administratif de Toulouse a accordé la possibilité aux habitants de Blagnac (Haute-Garonne) de refuser l’accès à leur logement à Enedis, et donc, de refuser l’installation du compteur intelligent. Le Maire de la commune s’est justement exprimé à ce sujet en évoquant « la liberté individuelle de [ses] administrés ainsi que leur droit de propriété ».