EDF : une ONG veut modifier les règles de la concurrence

Alors que le bilan de la concurrence a été fustigé par l’association de consommateurs CLCV, l’organisation non-gouvernementale Global Electrification a publié une étude très critique à l’égard de l’ouverture du marché de l’électricité, et en particulier du dispositif Arenh.

barrage hydraulique edf

Semaine après semaine, de plus en plus d’acteurs indépendants dressent un tableau très noir de l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité en France. Après la CLCV, c’est au tour de Global Electrification d’apporter sa pierre à l’édifice. Dans sa publication « L’avenir d’EDF, deux propositions pour une sortie de crise », l’ONG démonte le dispositif Arenh (qui permet aux fournisseurs d’acheter à bas coût l’électricité produite par EDF) et la mise sous tutelle du fleuron français.

« Le bilan de l’Arenh est catastrophique. Il n’a provoqué, contrairement aux espoirs de la Commission européenne, aucune pression sur les prix. En sens inverse (…) il amena des augmentations qui ont pour but de permettre aux concurrents de proposer des prix égaux ou inférieurs aux tarifs d’EDF », souligne l’ONG dans sa lettre. Les auteurs qualifient l’Arenh de véritable poison pour le groupe public et sa politique d’investissements.

Quel avenir pour EDF ?

Pour sortir de cette situation, Global Electrification voit deux solutions : soit « faire revenir le pouvoir de décision à Paris », soit « régler la question de la liberté de fixation des prix » par EDF. La première solution équivaut à la fin des tarifs réglementés, de l’Arenh et du Projet Hercule, et la liberté d’action pour EDF ; la seconde proposition reviendrait à autoriser EDF à pratiquer des prix réduits sur le nucléaire. Actuellement, l’UE a imposé une limitation dans la fixation des tarifs.

Les acteurs publics s’engagent de plus en plus en faveur des consommateurs et de l’économie française à l’approche des présidentielles de 2022, poussant les potentiels candidats à se positionner. Une très récente étude d’Odoxa a révélé que l’opinion publique basculait en faveur du nucléaire (60%) après des années de défiance. Une occasion à saisir pour EDF au moment où son avenir est discuté à Bruxelles ?