Les pacemakers interdits post-mortem

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Cela peut paraître surprenant au premier abord, et pourtant l’interdiction d’être enterré ou incinéré avec une prothèse à pile électrique – comme un pacemaker – est motivée par des préoccupations de sécurité et d’écologie. 

De nombreux Français vivent avec un pacemaker implanté dans la poitrine : cette petite prothèse envoie des impulsions électriques vers le cœur en cas de déficience du muscle cardiaque. Mais cet objet est devenu un vrai casse-tête pour les thanatopracteurs : comme toute prothèse à pile, les pacemakers doivent systématiquement être extraits des défunts avant l’inhumation ou la crémation.

Quels dangers ?

Pourquoi se donner la peine de retirer un pacemaker d’un patient décédé ? Parce que la pile électrique qu’il contient pose de sérieux problèmes lors du processus funéraire :

  • Dans le cas d’une inhumation, le lithium contenu dans le générateur de la pile présente de graves dangers pour l’environnement ;
  • Dans le cas d’une crémation, la pile ne se contente pas de fondre… elle peut exploser et endommager les équipements de crémation (jusqu’à 25 000 euros de dommages).

Une obligation pesante

Aujourd’hui, seuls les médecins et les thanatopracteurs sont autorisés à pratiquer l’extraction post-mortem des prothèses électriques. Cette démarche est d’ailleurs indispensable pour obtenir les autorisations nécessaires à l’inhumation ou à la crémation. Mais le hic, c’est que les progrès de la science multiplient les formats et les emplacements d’implantation… et il devient parfois difficile pour les professionnels de s’y retrouver.

Autre difficulté : les pacemakers ayant été en contact avec le corps et les organes sont considérés comme des déchets de soins à risques infectieux (DASRI). Les thanatopracteurs doivent donc les envoyer en filière de traitement spécifique pour éviter toute contamination.

« Si la personne décédée était porteuse d’une prothèse fonctionnant au moyen d’une pile, un médecin ou un thanatopracteur atteste de la récupération de l’appareil avant la mise en bière. » (Article R2213-15 du Code général des collectivités territoriales)

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