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Entretien

Et si vous convertissiez votre deux-roues essence à l’électrique ?

Avec la nouvelle législation autorisant le rétrofit électrique depuis le mois de mars, la start-up Noil veut démocratiser la pratique pour les deux-roues en France, notamment pour faire évoluer une mobilité plus propre. La jeune pousse lance cette semaine ses précommandes. Nous avons donc rencontré l’un de ses co-cofondateurs, Clément Fleau.

Déjà avant toute chose, pouvez-vous nous présenter Noil ?

On a fondé Noil en 2019. Il s’agit du premier service d’électrification de scooters essence en France. Nous avons lancé notre offre pour deux choses : d’une part, pour la pression sociétale que les motards et les utilisateurs de scooters ressentent au quotidien, de polluer et de faire du bruit ; et d’autre part, le constat que l’on a fait est que l’offre en électrique, en équivalent à ce qu’on trouve en thermique, est souvent chère et limitée en nombre de modèles disponibles.

A qui s’adresse votre offre ?

On se concentre surtout sur la conversion des scooters. La moto est souvent utilisée pour le loisir alors que le scooter est davantage pour une utilisation utilitaire, souvent à un usage urbain, qui correspond bien aux questions de la mobilité électrique. Notre ambition est donc de convertir en priorité les scooters mais aussi les véhicules anciens comme les mobylettes à l’image des Peugeot 103, des Solex ou des vieux Vespa.

On vise avant tout les personnes qui gagneront en facilité d’utilisation, en fiabilité, en réduction par trois de leurs coûts d’usage et avec la possibilité de rouler proprement et silencieusement tout en faisant une bonne action pour la planète.

" Notre offre se décline aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels mais aussi les collectivités territoriales "

Quel a été votre rôle dans la mise en place de la nouvelle législation sur le rétrofit ?

On a commencé nos premiers prototypes fin 2018. On a fait ensuite la rencontre d’Arnaud Pigounides (co-président de l’association Acteurs de l’Industrie du Rétrofit électrique ou AIRe) qui roulait aux Etats-Unis avec une Porsche 914 électrifiée mais, à son retour, ne pouvait pas rouler en France. Ensemble, on a fait le constat qu’en France, il n’y avait pas de réglementation qui permettait d’encadrer la conversion de véhicules essence vers l’électrique.

Cette association a fait un gros travail de lobbying auprès des instances réglementaires et en particulier auprès du ministère de la Transition écologique et solidaire. Ce travail a abouti à la publication d’un arrêté ministériel le 3 avril 2020 pour définir le cadre réglementaire nécessaire à la création d’une filière de la conversion électrique de véhicules essence.

Comment comptez-vous vous faire connaître auprès des Français ?

Aujourd’hui, la communication a été plutôt limitée sur l’électrification des deux-roues car nous sommes les seuls acteurs qui se lancent sur le créneau. On va donc lancer une campagne de précommandes qui va s’accompagner, en parallèle, de l’ouverture de notre centre de conversion en région parisienne. Dans un second temps, on veut conclure des partenariats avec des garages qui, suite à une formation de notre part, pourront installer des kits d’électrification, et ce partout en France.

Concrètement, comment transforme-t-on un scooter ?

La majeure partie du travail se fait pendant la phase de recherche et développement. Un kit d’électrification est créé et doit être soumis à l’homologation. Il suffit ensuite de venir chez nous où le véhicule est réceptionné. On dépose la motorisation essence, on installe notre kit d’électrification (moteur, batterie et électronique de puissance) puis on remonte le tout pour faire des tests.

" Notre objectif est de réaliser l’électrification en 48 heures "

Pour le moment, on propose 8 modèles différents : les Piaggio Vespa toutes cylindrées, les Solex, les Peugeot 103 et les Yamaha X-Max. On est ensuite capable de développer en quelques semaines un nouveau modèle, sous l’impulsion des demandes de nos futurs utilisateurs. Tous les modèles sont rechargeables via une simple prise de courant.

Et du coup combien ça coûte ?

On propose toutes nos électrifications sous forme d’échelonnement de paiement sur 36 mois. Pour un Solex par exemple, ça commence à 1 500€. Pour un 50 cm3, il faut compter 2 500€ ou 80€/mois et pour les plus gros modèles, 125 cm3 et +, 5 300€ ou 150€/mois.

Et qu’en est-il des tâches administratives ?

Au niveau de l’expérience utilisateur, on veut un produit clé en main. On prend donc en charge toute la partie du changement de carte grise et on s’assure également que l’utilisateur puisse recevoir sa vignette Crit’Air. On a également conclu des partenariats avec des assureurs et des acteurs de la recharge pour que nos clients puissent profiter d’offres dédiées.

Quels sont vos objectifs à moyen terme ? Sur le long terme ?

La prochaine étape est pour nous la mise sur le marché des premiers véhicules électrifiés. Suite à ça, l’objectif est d’en convertir un maximum. Aujourd’hui, on vise 10 000 véhicules sur les 5 prochaines années. C’est ambitieux mais aussi réaliste, car on veut accélérer la transition vers une mobilité urbaine durable avec nos armes, même si ce ne sont pas les seules.

Quel impact a eu la crise sanitaire actuelle sur votre activité ?

Le principal impact a été de décaler le lancement des précommandes pour permettre à tous de manifester leur besoin. L’intérêt pour nous est de s’inscrire dans un projet d’économie circulaire avec un impact environnemental le plus limité possible et donc inscrire ce projet dans le monde d’après… s’il existe !

Quelques informations complémentaires sur Noil

Noil a été fondé en 2019 par 3 amis d’enfance, eux-mêmes motards. Il s’agit d’une aventure lancée par Clément donc, mais aussi Victor, élève avocat au barreau de Paris, et Raphaël, ingénieur en conception mécanique. Ils veulent conquérir un marché d’un million de scooters essence à convertir en France.

Crédits photo : Noil