66 % des sondés sont contre la circulation inter-files des motos

Circulation inter-files

Depuis le 1er février, les motards sont autorisés à circuler entre les files de voitures embouteillées dans 11 départements, dont l’Ile-de-France. Pourtant, une enquête LeLynx.fr révèle que 66 % des sondés sont contre cette pratique, toujours expérimentale, mais qui pourrait bien être généralisée à l’ensemble des routes françaises.

La circulation inter-files fait partie des revendications de longue date des associations, comme la Fédération Française des Motards en Colère qui milite pour sa légalisation depuis 20 ans. Une enquête réalisée par LeLynx.fr auprès de 281 internautes anonymes abonnés à la newsletter révèle que 66 % des personnes interrogées voient ce procédé d’un mauvais œil.

« Trop dangereux ! »

Pour les adeptes du « contre », la principale raison évoquée est la sécurité : « Malgré le fait que ce soit plus aisé pour nos amis deux-roues, la circulation inter-files peut néanmoins être dangereuse pour eux », remarque un internaute. D’autres s’inquiètent de ne « pas toujours voir déboucher les motards » lorsqu’ils s’insèrent entre deux voitures et y voient un risque accru d’accrochages et d’« accident à coup sûr ». Un internaute va jusqu’à prédir que « le nombre de morts et blessés va exploser » si cette mesure est généralisée.

Sur les 790 décès de conducteurs de deux-roues sur la route en 2014, 12 ont été causés par la pratique de la circulation inter-files, selon la Sécurité routière.

Un code de la route à deux vitesses

Parmi les sondés perce également un sentiment d’injustice entre « la conduite des automobilistes, qui sont traités comme des criminels » et les autorisations accordées aux motocyclistes, qui « se considèrent prioritaires ». Un internaute évoque le Code de la route, qui spécifie que l’on « dépasse par la gauche et non par la droite, point ! »

Plusieurs « anti » suggèrent tout de même des alternatives à la circulation inter-files, comme « l’aménagement de routes plus larges pour que les motos puissent circuler » ou la création d’une voie réservée aux deux-roues.

Une pratique courante

Pour les partisans de la circulation inter-files, inutile de continuer à interdire une pratique déjà fréquente chez les motards. « Ils le font tous, bien que ce soit interdit », constate un internaute. Néanmoins, la prudence reste une priorité et s’impose comme une condition sine qua non de la généralisation au territoire français.

Vitesse à moto

34 % des sondés sont favorables à cette pratique, si les motards respectent la vitesse et dans certaines zones uniquement, avec un respect rigoureux des conducteurs.

Certains sondés insistent sur l’importance d’informer tous les usagers de la route des règles à respecter pour pouvoir légaliser ce type de conduite sans danger : « à condition que tous les automobilistes soient au courant et qu’ils jouent le jeu en laissant un espace suffisant entre les voitures ». Les motards, quant à eux, se félicitent de l’application d’une mesure qu’ils attendaient avec impatience : « Oui, oui et oui ! Je suis motard depuis 40 ans, par habitude j’essaie de ne pas rester derrière un véhicule plus de 10 minutes afin de pouvoir anticiper le plus loin possible. »

Enfin, l’argument de l’écologie est avancé. La circulation inter-files a notamment pour but de fluidifier le trafic sur les routes les plus empruntées et donc de réduire les émissions de CO2 provoquées par les embouteillages. « Je suis favorable à cette nouvelle idée pour 3 raisons : moins de consommation de fuel pour les motos, gain de temps et conduite plus économiques. Le plus important c’est de réduire la pollution », affirme un internaute.

Quelle indemnisation ?

Si une moto percute ou abîme la carrosserie d’une voiture en s’insérant entre deux files, l’automobiliste pourra être indemnisé par la responsabilité civile du motard. En revanche, en cas de délit de fuite, il reste nécessaire d’envoyer un constat amiable à son assurance moto dans les 5 jours suivant l’incident en rapportant les circonstances exactes des faits et faire établir la responsabilité de chacune des parties. Si l’identité du responsable reste inconnue, le FGAO intervient pour indemniser la victime.

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