Contrôle technique : la FFMC cadenasse la propagande de Dekra

Lundi 15 octobre, la fédération française des motards en colère (FFMC) a procédé au verrouillage des portes du siège social français de Dekra, à Trappes afin d’exprimer sa volonté de mettre un terme à la propagande du leader européen du contrôle technique sur les bienfaits d’un CT moto pour renforcer la sécurité routière.

Alors que les associations d’usagers de la route et, en premier lieu la FFMC, ne cessent de remettre en question les chiffres avancés par Dekra sur l’impact du contrôle technique sur la réduction de l’accidentologie,la société a poussé le vice jusqu’à tenir le 15 octobre, une «conférence-débat intitulée « Rapport sur la sécurité routière 2012 – l’usager et la technique »», nous rapporte Motomag.com.

CT moto: mieux comprendre le créneau de Dekra

La société leader du contrôle technique en Europe persiste et signe dans son argumentaire reposant essentiellement sur l’idée que le contrôle technique réduit la mortalité routière et participe ainsi activement au renforcement de la sécurité sur les routes.

La conférence-débat de lundi dernier aura d’ailleurs valu à Dekra, ou du moins à son siège social français, un «cadenassage» de ses portes, regardez plutôt:

Devant toute l’agitation causée par la création ou non d’un CT moto, vous vous interrogez innocemment sur ce qui peut bien pousser Dekra à manipuler de telle sorte les chiffres pourtant vérifiables (dans une certaine mesure) de la sécurité routière? En guise de réponse, apprenez si ce n’est pas déjà le cas que le CT moto s’il devait être instauré, représenterait un pactole de 1,5 milliard d’euros par an pour les enseignes.

Cela étant dit, vous vous questionnez non moins légitimement sur la force de persuasion de la société Dekra qui, alors qu’elle avance des chiffres que beaucoup jugent bidons aujourd’hui, est encore entendue? En réalité, nous apprend Motomag.com, Dekra ne propose pas des «chiffres faux» mais les arrange plutôt à sa sauce.

Concrètement, ça donnela manipulation totale de l’étude européenne des accidents de 2-roues MAIDS, laquelle concluait à la répartition en 3 catégories des problèmes techniques contributifs d’un accident:

  • Cause primaire d’accident : 0,3 %;
  • Facteurs secondaires d’accident : 1,6 %;
  • Autres facteurs : 5,1 %.

Vous l’avez bien compris, Dekra se sert de la 3e catégorie, c’est-à-dire celle des «autres facteurs» représentant 5,1%, pour affirmer haut et fort que le CT moto est nécessaire pour pallier l’insécurité routière.

Et ce, en dépit des déclarations des associations de motards, des assureurs moto ou encore de l’Observatoire national interministériel de sécurité routière (ONISR) selon qui «S’il semble difficile de revenir sur [le contrôle technique automobile] qui est encadré par une directive européenne, il n’apparaît pas opportun d’amplifier le contrôle technique en raccourcissant à deux ans le premier contrôle comme le font certains pays, ni d’étendre la mesure aux motocyclettes.»

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