Contrôle technique pour les motos : les causes du débat

Contrôle technique pour les motos

Plus de 10 000 motards ont manifesté le week-end dernier contre l’instauration du contrôle technique obligatoire pour les deux-roues à la revente, prévue par le gouvernement pour 2017. Malgré l’objectif affiché de réduire la mortalité des utilisateurs de motos et de scooters, la mesure a été fortement décriée par les associations de motards.

Les motards représentent près de la moitié des blessés graves et un quart des décès sur la route. Pour lutter contre ces chiffres de la Sécurité routière, le gouvernement souhaite renforcer les mesures de lutte contre l’accidentalité des deux-roues. Une initiative que les associations de motards considèrent comme un prétexte à une nouvelle taxe.

Protéger les consommateurs

Plus de 70 rassemblements de motards ont suivi l’appel de la Fédération française de motocyclisme (FFM), de la Fédération française des motards en colère (FFMC) et de l’association de défense des pratiquants de loisirs verts motorisés ou non (Codever). L’objectif : lutter contre l’instauration d’un contrôle technique obligatoire à la revente des deux ou trois-roues motorisés. Une mesure annoncée par Manuel Valls le 2 octobre 2015, à l’occasion  du Comité interministériel de la sécurité routière (CISR).

75 % des Français seraient favorables à l’instauration d’un contrôle technique à l’occasion de la revente d’un deux-roues motorisé (enquête BVA pour la Sécurité Routière, avril 2015).

A partir du second semestre 2017, tout deux-roues ou trois-roues motorisé (y compris les cyclomoteurs) devra passer un contrôle technique avant de pouvoir être revendu. La conformité des éléments suivants sera notamment vérifiée :

  • signalisation ;
  • système de freinage ;
  • pot d’échappement ;
  • usure générale des pneus et du véhicule ;
  • émissions polluantes ;
  • conformité du certificat d’immatriculation avec les éléments du véhicule examiné.
Dans un communiqué de presse, la Délégation à la Sécurité et à la Circulation Routières (DSCR) précise que cette mesure, déjà en vigueur dans 17 États de l’Union européenne, sera imposée à tous les Etats membres au plus tard au 1er janvier 2022.

La crainte de contrôles réguliers

Pour le délégué général de la FFMC, Nathanël Gagnaire, « cette mesure n’amènera rien en termes de sécurité routière. » La FFMC fait valoir les résultats d’une étude menée dans 5 pays européens, selon laquelle l’état technique du véhicule est la cause unique et directe de seulement 0,3 % des accidents de deux-roues, et considère les conducteurs comme les victimes des accidents de la route, et non la cause.

Si le contrôle technique devrait coûter entre 50 € et 70 €, d’après le délégué à la Sécurité routière, Emmanuel Barbe, les associations de motards considèrent ce projet comme une taxe visant à « engraisser les multinationales du contrôle technique » plus qu’à protéger les usagers de la route. Les motards, qui assurent entretenir leur cylindrée avec ou sans contrôle technique, craignent que son instauration en cas de revente soit un premier pas vers la mise en place d’examens plus réguliers.

controle technique vente voiture

Depuis 1992, le contrôle technique auto est obligatoire pour les voitures avant le 4e anniversaire, puis tous les deux ans.

Un pas en avant, un pas en arrière

Après 32 ans de bridage, le gouvernement a levé les limitations de circulation des motos de plus de 100 chevaux répondant à la norme Euro 3 sur le territoire français. Un soulagement pour les motards comme pour les concessionnaires, limités dans la vente de modèles européens par cette exception française. Pour les associations de motards, le bridage a simplement été troqué contre la mise en place du contrôle technique. Un argument de plus pour la FFMC, dont la pétition a déjà recueilli près de 40 000 signatures sur les 100 000 attendues.

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