Catastrophes naturelles : vers une explosion de la prime d’assurance habitation ?

C’est un scénario catastrophe qu’envisagent les professionnels de l’assurance. Une récente étude, publiée par la Fédération Française de l’Assurance (FFA) sur l’indemnisation des dégâts causés par les événements climatiques, prévoit une hausse de la sinistralité climatique de près de 93 % d’ici 2050. Cette augmentation devrait s’accompagner d’une possible explosion des primes d’assurance habitation.

indemnisations

Le pouvoir d’achat est l’un des sujets de préoccupation majeures des Français, en particulier en pleine campagne présidentielle. Avec la flambée des prix de l’énergie, du carburant et de certains produits du quotidien, comme les pâtes, c’est également la prime de l’assurance habitation qui devrait augmenter de façon exponentielle dans les prochaines années.

En se basant sur les pires prévisions du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) sur le réchauffement climatique, la FFA estime que la sinistralité climatique s’accroîtrait de 93 %, représentant ainsi 143 millions d’euros à verser aux victimes.

Depuis quelques années, les zones à risques, concernant les habitations situées près de cours d’eau, de forêts ou de sols argileux, subissent des sinistres à répétition. Chaque année, certaines régions françaises sont régulièrement touchées par des inondations, des incendies, des épisodes de sécheresse, des tempêtes ou des mouvements de terrain.

Les coûts de ces catastrophes naturelles s’élevant généralement à plus de 1 milliard d’euros, ce sont les assurés et les assurances qui doivent en payer le prix. Avec les estimations de la FFA, la prime d’assurance habitation pourrait grimper de 130 % à 200 % d’ici 30 ans. Une augmentation tarifaire que certains ménages ne pourront sûrement pas supporter.

Un modèle défaillant ?

Si la France dispose d’un modèle fort grâce à son système de prise en charge, celui-ci pourrait devenir obsolète. Au vu des prévisions du réchauffement climatique et des catastrophes à venir, ce modèle pourrait difficilement supporter l’ensemble des dépenses et des indemnisations sans impacter fortement le porte-monnaie des assurés.

Pour cela, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), chargée de la surveillance des banques et compagnies d’assurance, prévoit un relèvement de la contribution cat’ nat’ de 12 % à 18 %. En effet, chaque personne ayant souscrit une assurance habitation contribue, aujourd’hui, à hauteur de 12 % au fonds Barnier, un fonds de solidarité destiné aux victimes d’événements climatiques.

Avec ce relèvement, « cela représenterait une hausse de 6 % […] sur trente ans » pour les assurés, évalue Bertrand Labilloy, directeur général de la CCR (Caisse centrale de réassurance), réassureur public.

Selon l’ACPR, le problème est que, malgré cette possible majoration, cela ne suffira pas à limiter la hausse des primes d’habitation dans les années à venir. Une flambée de 130 à 200 % de la prime d’habitation équivaut à une hausse de plus de 400 € des cotisations annuelles.