Catastrophes naturelles : les assurances y font également face

Incendies monstres en Turquie et en Grèce, températures records en Sibérie et au Canada, inondations historiques en Allemagne… Le monde entier fait face à de régulières catastrophes naturelles. La majorité des scientifiques s’accordent sur le lien entre ces désastres et le dérèglement climatique. La France n’y échappe pas. Le gouvernement et les Français doivent les affronter, tout comme les compagnies d’assurance habitation.

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Ces dernières années, l’Hexagone est en proie à d’anormaux évènements d’origine météorologique (tempêtes, coulées de boue…) et climatique (incendies, canicule…). Dernièrement la Drôme a subi d’importants dégâts après une chute de grêle, dont certains grêlons faisaient la taille d’une balle de golf.

Selon la société spécialisée dans le domaine des risques naturels, Ubyrisk, le coût des sinistres liés à des causes climatiques, en France, s’élève en moyenne à 2,4 milliards d’euros. Les inondations et les tempêtes représentent près de la moitié de ce montant.

Ces cinq dernières années, leur coût atteint 4 milliards d’euros. Un chiffre qui démontre la multiplication des catastrophes naturelles dévastatrices en France. Pour Franck Le Vallois, directeur général de la Fédération française de l’assurance (FFA), « Dans les vingt prochaines années, le coût des aléas climatiques devrait encore doubler ».

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), chargée de la surveillance des banques et compagnies d’assurance, prévoit une hausse de 113% à 200% de la prime habitation dans les trente ans à venir. Cet exercice de prévision de l’ACPR s’est fondé sur les estimations les plus pessimistes du Giec, le Groupe d’experts intergouvernementale sur l’évolution climatique. Certains départements devraient être plus touchés que d’autres.

En raison de la proximité de la mer, certaines régions sont plus exposées à l’augmentation du niveau des eaux et de vagues subversives. D’autres sont davantage sujet aux inondations comme le département du Var. En somme, en fonction du lieu d’habitation, la prime d’habitation pourrait flamber dans les prochaines années. A titre d’exemple, les prévisions de l’ACPR ont estimé que le coût par habitant, supporté par les compagnies d’assurance, devrait subir une augmentation de 395% à 1249% pour la Corse, à cause des risques de sécheresse.

Qui supportera l’augmentation des primes d’assurance ?

En 1995, l’Etat a créé un fonds de solidarité qu’il garantit afin d’aider les compagnies privées à indemniser les sinistrés. Il intervient pour l’indemnisation des dégâts climatiques n’étant pas pris en charge par les assureurs. Pour rappel, les catastrophes naturelles ne sont garanties que lorsque l’assuré a contracté une assurance habitation multirisque. En outre, l’évolution de ce fonds, déjà déficitaire, ne devrait pas s’améliorer au vu des projections des experts environnementaux. Sachant qu’une partie des Français ne devraient pas être touchés directement par ces désastres climatiques, accepteront-ils de supporter le coût de ces sinistres ?

Chaque personne ayant souscrit une assurance habitation participe à hauteur de 12% par prime d’assurance au fonds de solidarité, également appelé le fonds Barnier.

Pour que l’ensemble de la population, ainsi que les assureurs, puissent faire face à ces événements, le Sénat examinera en octobre une réforme du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, CatNat. Portée par Stéphane Baudu, député du Loir-et-Cher, cette réforme a pour but de mieux protéger les ménages, notamment en prévoyant des aides de l’Etat afin que des travaux de prévention soient réalisés sur les logements les plus à risques.