Sans-abri : le gouvernement veut réformer l’hébergement d’urgence

Lundi 6 septembre, le gouvernement a annoncé une réforme qui permettra de gérer à plus long terme la disponibilité des places d’hébergement d’urgence et ainsi répondre plus rapidement aux demandes des personnes dans le besoin comme les sans-abri et les personnes en difficulté en matière d’habitation.

Sans-abri gouvernement veut réformer hébergement urgence  

Les 43 000 places d’hébergement d’urgence du premier confinement maintenues

Souvent décriée, cette organisation du « coup par coup » ne semblait plus suffire pour faire face aux demandes d’hébergement de dernière minute demandées par les organismes et associations en faveur des plus démunis. Ainsi, la programmation des places disponibles se fera sur une période plus longue, en tenant compte des disparités des besoins en fonction des territoires.

Autre bonne nouvelle à ce sujet, les 43 000 places d’hébergement d’urgence créées depuis le premier confinement de la mi-mars 2020 vont être conservées et mises à disposition dès les prochaines semaines, et ce, jusqu’en mars 2022. En saison hivernale, ce sont plus de 200 000 sans domicile fixe qui sont hébergés dans des hôtels ou des centres d’hébergement.

Mettre fin à la « gestion au thermomètre » pour mieux gérer les sans-abri

Emmanuelle Wargon, ministre du logement, a indiqué dans un communiqué rendu public lundi qu’il est « nécessaire de mettre définitivement fin à la gestion dans l’urgence et de construire une politique structurelle, avec une visibilité sur le long terme, en lien avec les associations ». La fin de la « gestion au thermomètre », accélérée par la crise sanitaire du Covid-19, fait écho à de nombreuses demandes mettant en exergue le difficile placement des sans-abri et des locataires venant de faire face à une procédure d’expulsion.

La ministre a, à ce sujet, reçu différentes associations concernées par la réforme et l’accueil des sans-abri, notamment la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). Celle-ci a, par la voix de son président Pascal Brice, manifesté sa satisfaction à l’égard de la loi de programmation pluriannuelle qui intègre l’idée d’hébergement d’urgence et le programme « Logement d’abord ». Pascal Brice salue « ce signal politique important dans le prolongement des décisions prises au sortir de la trêve hivernale, qui montre la volonté du gouvernement de changer d’approche et de culture. »

Le plan « Logement d’abord » s’articule autour de cinq axes de travail

Dans son communiqué, Emmanuelle Wargon revient sur cette feuille de route en évoquant le fait que cette programmation « permettra d’avoir une visibilité sur le nombre de places sur cinq ans, et de prévoir, programmer, anticiper et transformer les places en fonction des besoins des territoires et des publics »

Parmi les principes phares du plan « Logement d’abord », on retrouve : 

  • La création et la disponibilité d’un plus nombre de logements adaptés aux besoins des sans-abri et mal logés ; 
  • Un meilleur accès auxdits logements et une facilitation de la mobilité résidentielle des personnes dans le besoin ; 
  • Un meilleur accompagnement et maintien des personnes nécessiteuses dans ces logements ;
  • La fin des ruptures dans les parcours résidentiels et des hébergements répondant mieux aux fortes demandes d’urgence de manière immédiate et inconditionnelle
  • La mobilisation des acteurs et territoires concernés.