Expulsion locative : près de 30 000 foyers sont menacés

Avec la fin de la trêve hivernale le 31 mai, la Fondation Abbé-Pierre alerte sur la situation de nombreux Français qui risquent de se retrouver à la rue.

Dans une semaine, les propriétaires pourront à nouveau expulser les locataires mauvais payeurs. Ces derniers s’inquiètent à cette perspective, souvent amplifiée par les conditions compliquées dues à la crise sanitaire. BFM Immo évoque en exemple le cas d’un locataire qui a perdu sa mère pendant la pandémie et qui a empilé 17 loyers de retard, pour une dette de 6000€.

La Fondation Abbé-Pierre a ouvert une plateforme téléphonique en 2000, « Prévention Expulsion ». Chaque année, elle reçoit près de 1350 appels. En 2020, 70% de ceux-ci ont concerné les loyers impayés, loin devant les congés (13%), les occupations sans toit ni titre (5%) ou encore les troubles du voisinage (2%). Le reste des demandes portait sur des questions générales d’accès au logement.

Une situation dégradée par la crise

Marie Rothhahn, responsable de la plateforme, explique : « L’idée est vraiment de pouvoir capter les personnes qui ne savent pas vers qui se tourner et de les orienter vers des associations qui pourront les accompagner tout au long de leurs démarches (…) On reproche à certaines personnes de faire l’autruche mais si on regarde les choses en face c’est terrifiant la perspective de perdre son logement ».

La reprise des expulsions locatives, en raison de la fin de la trêve hivernale, est fixée au 1er juin. Pour rappel, près de 30 000 ménages sont ainsi menacés de se retrouver à la rue. Seule solution pour eux : se faire aider par des proches ou appeler le 115. « On était déjà dans une situation dramatique avant la crise du Covid, et depuis, beaucoup de situations se sont dégradées. Tout ceci ne se verra pas forcément sur 2020-2021 », analyse Marie Rothhahn.