En continuant la navigation, vous acceptez les cookies. Ils nous permettent d'améliorer nos contenus pour vous proposer des services adaptés. En savoir plus
Vous pouvez également consulter notre politique de confidentialité ici.
Entretien

« Prévenir le cyberharcèlement est encore plus pertinent dans cette période »

En ce début d’année scolaire, le thème du cyberharcèlement refait surface. Hantise des parents et souffrance des enfants, ce fléau peut être évité par la prévention et l’accompagnement. Pour répondre à nos questions, Justine Atlan, directrice de l’association de protection des mineurs e-Enfance, mais aussi Fabrice Lecuyer, directeur général de Carrefour Assurance, qui s’engage auprès de ce service.

réseaux sociaux haine

Comment définir le cyberharcèlement ?

Justine Atlan. Le harcèlement est une malveillance répétée à l’encontre d’un tiers. Le cyberharcèlement est le fait d’utiliser les outils numériques et les réseaux sociaux dans le but de répéter des injures, diffuser des contenus erronés sur quelqu’un, agir sur son e-réputation, inciter au suicide, diffamer… Ce sont des comportements illégaux.

" On peut toucher des milliers de personnes à visage couvert, de façon décomplexée et avec un sentiment d’impunité. "

Peut-on quantifier ce phénomène en 2020 ?

J.A. On sait par l’Education Nationale qu’un enfant sur dix est victime de harcèlement à l’école, soit trois à quatre enfants par classe. e-Enfance et l’Institut Montaigne ont révélé que 55% des enfants ont un jour subi un cas de cyberviolence.

Harcèlement scolaire : témoignage de Mélanie Domergue
Lire l'article

Pensez-vous que la violence psychologique a augmenté ces dernières décennies ?

J.A. La violence psychologique génère des traumatismes qui peuvent durer toute une vie et ont parfois plus d’impact que la violence physique. C’est un mal invisible. Aujourd’hui, les moyens de communication font que cette violence est plus répandue : on peut toucher des milliers de personnes à visage couvert, de façon décomplexée et avec un sentiment d’impunité. D’où l’importance de se responsabiliser.

" Twitter en revanche est plutôt le mauvais élève "

Les réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter font-ils assez dans ce sens ?

J.A. Tout dépend duquel. Facebook, réseau social historique, s’est beaucoup amélioré et propose même des « best practices » et modèles de conformité. Nous avons une bonne coopération avec eux. Twitter en revanche,  irréductible dans sa liberté d’expression tous azimuts, a encore beaucoup à faire. Il faut davantage argumenter nos signalements pour qu’ils soient pris en compte.

Cependant, les jeunes utilisent d’autres réseaux sociaux aujourd’hui : TikTok, Snapchat ou Instagram. Il faut prévoir des paramétrages pour mineurs, des filtres algorithmiques. Dans les années à venir, ils devraient être plus contraints quant à leur modération.

Pourquoi Carrefour Assurance soutient-il E-Enfance ?

Fabrice Lecuyer. Une double responsabilité nous a poussés vers E-Enfance. Tout d’abord, Carrefour vend des tablettes et des téléphones, donc l’accès aux réseaux sociaux. On a cette responsabilité sociétale. Ensuite, nos offres en assurance scolaire et assurance habitation et de garantie des appareils nomades nous engagent à apporter une solution aux familles.

Ce sont souvent les enfants qui apprennent l’usage des réseaux sociaux à leurs parents – c’est assez déstructurant. La plateforme E-Enfance leur permet d’apprendre. C’est un service préventif que nous avons testé, qui est efficace et que nous soutenons. Il ne s’agit pas d’une garantie figurant dans nos contrats et réservée à nos clients, mais bien un service d’aide.

" Les enfants ont besoin des réseaux pour se sociabiliser. "

harcelement scolaire

C’est important que Carrefour s’engage sur le harcèlement ? Peut-être pour lancer un mouvement parmi les marques françaises ?

F.L. Nous sommes davantage animés par le fait de proposer des solutions utiles à nos clients. Dans le cas du harcèlement scolaire nous avons jugé plus utile de mettre en avant et soutenir par un mécénat le service proposé par e-Enfance.org. Ce service accompagne psychologiquement les familles et permet des actions très concrètes d’enfouissement des contenus très violents en plus d’informer sur les recours possibles.

Avec ce que l’on vient de vivre, cette période de confinement, nous avons été confortés dans notre choix. Il est encore plus pertinent de prévenir le cyberharcèlement aujourd’hui, car les enfants ont besoin des réseaux sociaux pour se sociabiliser.

Assurance scolaire, un contrat pas toujours obligatoire
Lire l'article

Comment, en tant que parent, repérer les signes du harcèlement chez son enfant ?

J.A. C’est assez difficile car les enfants harcelés ont beaucoup de mal à exprimer leurs émotions et cachent ce qu’ils vivent. Ils veulent protéger leurs parents, ne veulent pas envenimer la situation, etc. L’indicateur, c’est que l’enfant change. Cela peut se traduire par un très bon élève moins investi dans son domaine préféré, du mal à se lever le matin, beaucoup de temps passé aux toilettes ou à l’infirmerie.

" Votre enfant a davantage de chances d’être témoin que victime. "

Comment peut-on agir lorsqu’on est témoin de harcèlement ?

J.A. Souvent, on a tendance à craindre le harcèlement pour ses enfants. Mais il faut savoir que votre enfant a davantage de chances d’être témoin d’un tel acte que victime. Au collège ou au lycée, on ne peut pas toujours s’interposer ou vouloir être un héros. Il y a des adultes qui ont un rôle de protection. En dehors de l’école, il y a des numéros comme le nôtre (0 800 200 000), qui garantissent l’anonymat et la confidentialité. On va assurer un suivi et réellement traiter le problème du cyberharcèlement auprès des réseaux sociaux.

Nous travaillons avec différents acteurs publics et privés et nous sommes conventionnés avec le ministère de l’Education Nationale, le 119-Enfance en danger et les services spécialisés des forces de l’ordre.

L’Education Nationale possède également un numéro ouvert à tous : 30 20.