APL : la réforme a fait perdre 38€ en moyenne aux jeunes

L’Union nationale de l’habitat des jeunes (Unhaj) a dévoilé une étude sur l’impact de la réforme des APL. Selon ce document, tous les allocataires sont perdants, quels que soit leurs revenus ou leur âge.

Revenu moyen jeunes

La réforme des aides personnelles au logement (APL), entrée en vigueur au 1er janvier 2021, n’a pas d’heureux. Pour rappel, les aides sont désormais calculées à partir des revenus des trois derniers mois, et plus ceux de l’année N-2, pour mieux faire correspondre à la réalité de la situation. C’est ce qu’on appelle la contemporanéisation. L’Unhaj a donc décidé de dresser un premier bilan de la réforme auprès de 4 000 jeunes.

On découvre ainsi que 39% des jeunes ont connu une baisse de leurs aides en 2021, de l’ordre de -118€/an. En 2020, le nombre de jeunes qui connaissaient une baisse était de 28% et le montant de -90€. Le nombre de « cas stables » était alors de 55%, il baisse en 2021 à 46%. Enfin, le nombre d’allocataires connaissant une hausse dans leurs aides était de 17%, il passe à 15%. Si l’on pense à l’échelle de tous les jeunes, cela représente une baisse de -38€.

« Aucun de filet de sécurité »

Le principal enseignement de l’étude de l’Unhaj est que toutes les tranches d’âge et de revenus sont concernées par ces conséquences négatives. Cependant, on remarque que les jeunes actifs sont les plus pénalisés. « La moitié des 18-24 ans ne sont plus en étude et sont en phase d’insertion sur le marché du travail, précise le rapport. En d’autres termes, [ils] ne bénéficient d’aucun filet de sécurité », alors qu’ils sont les plus exposés à la précarité et aux difficultés à se loger.

Sans grande surprise, les plus grandes baisses d’APL concernent les revenus les plus élevés. Dans l’ordre, les salariés en CDI à temps plein, suivis des salariés précaires (CDD à temps plein et temps partiel, CDI à temps partiel, intérimaires, saisonniers et indépendants). Leurs pertes d’APL entre décembre 2019 et mars 2020 étaient respectivement de 35€ et 33€ ; cette année, elles sont de 107€ et 93€. L’Unhaj appelle le gouvernement à trouver des moyens de protéger les jeunes.