Colocation intergénérationnelle : reconstruire le lien social entre jeunes et seniors

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Depuis une dizaine d’années, la colocation intergénérationnelle séduit de nombreux jeunes et seniors désireux d’égayer leur quotidien. Le principe ? Une personne âgée partage son logement avec un étudiant en échange d’un petit loyer, parfois même gratuitement. Focus sur une initiative sociale et citoyenne.

A travers toute la France, de nombreuses associations se chargent de mettre en relation étudiants et personnes âgées. LeLynx.fr, comparateur d’assurance habitation, a recueilli le témoignage des principaux acteurs de l’habitat intergénérationnel.

LOYER SOLIDAIRE

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Si le troisième âge ne souhaite pas forcément se rendre en maison de retraite, les jeunes peinent à trouver un logement économique pour poursuivre leurs études.

« En partageant le même logement, chacun y trouve son compte. L’étudiant reverse un loyer (maximum 200 €) à la personne qui l’accueille, ou si elle est hébergée gratuitement, s’engage à rendre quelques services au quotidien. » Moussa Seck, directeur de l’association Un Toit 2 Générations (Metz et Nancy).

« Pour beaucoup de personnes âgées la rétribution monétaire est secondaire, elles ne conçoivent parfois même pas être payées pour accueillir un jeune ! C’est surtout le côté humain qui prime, casser la solitude et profiter d’un peu de chaleur humaine. » Ghislaine Blanchard, directrice de l’association Mieux Ensemble (Toulouse).

BRISER LA SOLITUDE

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L’isolement ne touche pas que les seniors, c’est aussi une souffrance pour les jeunes partis étudier loin de chez eux. En optant pour la colocation intergénérationnelle, chacun trouve une oreille attentive.

« Il y a une vraie dimension humaine dans la colocation intergénérationnelle, ça resserre les liens entre générations. Des 268 binômes qui ont vu le jour grâce à notre association, je retiens surtout l’histoire d’une personne âgée qui a pu passer les fêtes de Noël avec la famille de l’étudiant qu’elle hébergeait. » Moussa Seck, directeur de l’association Un Toit 2 Générations (Metz et Nancy).

« Quelques fois les colocations se poursuivent après la première année. Des histoires touchantes se créent au quotidien ! Ce sont d’ailleurs le plus souvent des femmes qui sautent le pas des deux côtés. Une complicité se développe entre elles, comme une grand-mère avec sa petite fille. » Ghislaine Blanchard, directrice de l’association Mieux Ensemble (Toulouse).

VIVRE ENSEMBLE

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Plus qu’un bon plan pour faire des économies, cette nouvelle forme de colocation réhabilite le dialogue entre les jeunes et leurs aînés.

« On sélectionne des jeunes qui ne sont pas seulement intéressés par le côté financier, mais cherchent à partager une expérience. Certains étudiants vivant seuls se redirigent même par la suite vers la colocation intergénérationnelle pour recréer des liens avec leurs aînés. » Makiko Yano, directrice de l’association Le Pari Solidaire (France).

« Les seniors ont le sentiment d’être utiles à la société, c’est un échange de bons procédés. » Elise Renet, directrice de l’association Logement Solidaire (Bordeaux).

« Quand on parle de seniors, la tranche d’âge se rapproche plutôt des 60 ans que des 90 ans : ce sont de jeunes retraités encore actifs, parfois même des couples. Le jeune ne doit pas se transformer en aide à domicile ou, à l’inverse, considérer la personne qui l’accueille que comme « un hébergeur » sans jamais échanger avec elle. » Makiko Yano, directrice de l’association Le Pari Solidaire (France).

SAUTER LE PAS

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Malgré des sollicitations constantes, les associations ont parfois du mal à répondre à toutes les candidatures. En cause : trop de demandes étudiantes et peu provenant des personnes âgées, encore méfiantes face à l’originalité du projet. Certains n’osent pas sauter le pas de la colocation par peur de partager leur intimité ou pensent que leur logement est inadapté. Des inquiétudes auxquelles tente de répondre l’association Un Toit 2 Générations : « Il est important de rassurer les personnes âgées en les accompagnant à chaque étape de la colocation. Cette année, nous menons plusieurs actions dans ce sens dont la création d’une pièce de théâtre qui illustre les relations intergénérationnelles ».

Rien qu’en 2013, les associations estiment à 700 000 € les économies faites par les collectivités grâce à leurs actions. Une meilleure communication auprès des seniors permettrait de faire encore augmenter ce chiffre dans les années à venir.

  • 4 500 binômes créés par l’association Pari Solidaire depuis 2004
  • Les jeunes peuvent candidater jusqu’à 30 ans
  • 1/3 des binômes cohabitent plusieurs années de suite
  • 5% des colocataires font face à des mésententes
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