Assurance emprunteur : un bilan loin des objectifs prévus

Emprunteur déliaison

Vous le savez peut être, il y a trois ans la loi Lagarde entrait en vigueur dans le but d’ouvrir à la concurrence l’assurance emprunteur, obligatoire lorsque vous souhaitez souscrire un crédit immobilier. L’idée était donc de baisser les prix pour les emprunteurs. L’UFC Que Choisir fait un bilan plus que mitigé sur ces trois années depuis l’instauration de cette loi. Votre comparateur d’assurances LeLynx.fr vous donne toutes les explications.

Objectif loin d’être atteint pour la loi Lagarde

L’association dénonce un marché toujours fermé et une loi qui n’a eu aucun effet sur la baisse des tarifs. Pourtant l’objectif était bien d’influer sur ces deux points.

Emprunteur déliaison

Il faut savoir que le marché est partagé entre trois acteurs bancaires que sont le Crédit Agricole, Assurance du Crédit Mutuel et BNP Paribas Cardiff (plus de la moitié du marché à eux trois).

Pourtant, la loi Lagarde devait permettre de différencier le crédit et l’assurance emprunteur et permettre une libéralisation du marché. Une personne pouvait ainsi choisir librement son assureur et ne plus prendre automatiquement le contrat, souvent très couteux, proposé par sa banque.

Selon Alain Bazot, président de l’UFC «après trois ans d’application, l’échec est criant et la concurrence est complètement évanescente». L’étude montre même que la loi a eu un effet inverse de celui recherché puisque depuis 2008 les tarifs ont augmenté et la part, dans ce marché, des assureurs non-bancaires a diminué.

L’étude met également en exergue le fait que les banques ne jouent pas le jeu, au contraire. 70% des personnes sondées pour cette enquête disent avoir connu un chantage tarifaire de la part des banques. Ces dernières font miroiter une augmentation du taux du crédit ou des frais prohibitifs pour dissuader leurs clients de faire jouer la concurrence.

Le futur projet de loi consommation pourrait endiguer ce phénomène

Un projet de loi consommation doit prochainement voir le jour. Pour le moment, la loi prévoit un droit à résiliation à tout moment pour les assurances auto, habitation et les petites assurances mais pas pour l’assurance emprunteur. L’UFC presse donc les parlementaires afin d’intégrer dans cette loi, un droit à résiliation annuelle pour ce type d’assurance.

Du côté des banques, elles considèrent que le marché sera déstabilisé si une telle mesure passe. Pourtant, certains établissements pratiquent déjà le droit à résiliation annuelle comme la Banque Postale et la Caisse d’Epargne.

On peut noter que le marché de l’assurance emprunteur représente un eldorado pour les banques avec un marché estimé à 5,7 milliards d’euros en 2011. Qui plus est, le manque de concurrence permet de conserver des marges élevées. Au total ces marges rapportent chaque année plus de 2,2 milliards d’euros aux banques !

On comprend donc mieux pourquoi les banques sont hostiles à une ouverture du marché. Il est dans leur intérêt de proposer leur propre assurance emprunteur à leurs clients tout en gardant des tarifs élevés. Pourtant, l’UFC explique que ces contrats d’assurance emprunteur sont souvent inégaux avec parfois des clauses scandaleuses (non garantie des tarifs ou de la couverture par exemple).

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