Sécurité routière : une hausse de mortalité, notamment chez les jeunes

En février 2022, 212 personnes ont perdu la vie sur les routes selon les estimations de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Cette mortalité est plus flagrante chez les jeunes de 18 à 24 ans : ils représentent près de 18 % des tués sur ce mois de février. Un constat glaçant qui pose la question des risques pris par les jeunes à bord de leur auto.

Un accident de voiture


C’est une hausse de 20 % qui a été enregistrée par l’organisme de la Sécurité routière. En effet, entre le mois de février 2021 et celui de 2022, ce sont 36 personnes de plus qui sont décédées sur les routes de France. Néanmoins, ce chiffre est à prendre avec des pincettes.

L’année 2021 a été atypique, compte tenu de la pandémie de Covid-19. Les routes étaient bien moins remplies qu’elles ne le sont les autres années. D’ailleurs, l’ONISR indique une baisse de la mortalité routière entre le mois de février 2022 et celui de l’année 2019. En février 2019, 254 personnes avaient perdu la vie, soit 42 individus supplémentaires.

Une mortalité élevée chez les jeunes du à leur comportement risqué

Ce qui marque le plus dans les estimations de l’ONISR est le nombre de morts enregistrés parmi les jeunes conducteurs âgés de 18 à 24 ans. Sur la totalité des personnes décédées en février dernier, ils sont 38 à avoir perdu la vie, soit 18 %. Une part non négligeable qui a conduit la fondation Vinci Autoroutes à s’intéresser de plus près au comportement de ces jeunes adultes au volant.

Pour cela, la fondation a commandé une étude sociologique dont les résultats sont plutôt déconcertants. Réalisée sur un panel de jeunes âgés de 15 à 24 ans, l’étude révèle que cette tranche d’âge a tendance à rouler régulièrement en excès de vitesse, notamment les jeunes hommes. Le rapport précise, en effet, qu’il existe chez les garçons « un désir de montrer qu’ils sont des virtuoses de la route ».

L’étude signale également l’usage répété du smartphone au volant. Si ce fléau touche, malheureusement, une large partie des conducteurs, tous âges confondus, il existe une prééminence chez les jeunes adultes. 46 % des personnes interrogées ont déclaré envoyer ou lire des SMS au volant, expliquant que cela était « plus fort qu’eux ». Cette tendance est plus élevée du côté des filles : 49 % avouent utiliser leur téléphone au volant contre 42 % chez les garçons.

Le rapport dénonce aussi deux autres comportements à risque :

  • L’alcool au volant : l’étude révèle que les jeunes sont « convaincus de bien tenir l’alcool », en particulier les hommes dont la « conduite est associée chez certains à un sentiment de virilité » ;
  • La somnolence : plus de la moitié des jeunes interrogées ont déclaré continuer à conduire alors qu’ils se savaient très fatigués.