Appuyer sur le champignon, en voiture Simone… l’automobile, à l’origine de ses expressions


On les emploie tous les jours mais on ne sait pas réellement quelles sont leurs origines. Riche de son vocabulaire, la langue française regorge de milliers d’expressions, avec chacune leur petite histoire. Alors que certains d’entre nous rentrent d’un long week-end, voyons ensemble d’où proviennent ces célèbres expressions liées à l’automobile.

En voiture Simone !

C’est une expression intergénérationnelle, que nous entendons depuis que nous sommes enfants. Revenue au goût du jour, une auto-école en ligne, dont sont friands les jeunes conducteurs, en a pris le nom.

«En voiture Simone» , expression remplie d’entrain et d’enthousiasme, signifie «prendre la route». Plus largement, cette expression est employée pour débuter une action, une activité tout en motivant les troupes.

L’origine de cette phrase débute avec une certaine Simone Louise de Pinet de Borde qui, en 1929, détient son permis de conduire. Un fait rare pour une femme à l’époque. Cependant, cette dernière se démarque davantage en faisant carrière dans les rallyes et les courses automobiles. Décédée en 2004, Simone a également marqué les esprits en étant la première femme en France à ouvrir… son auto-école !

Contrairement aux idées reçues, Guy Lux, animateur de l’émission Intervilles dans les années 60, qui employait cette expression en référence à sa collègue Simone Garnier, n’est donc pas à l’origine de cette expression.

Partir sur les chapeaux de roues

C’est une expression qui aurait pu coller à la pilote automobile qu’était Simone. Partir sur les chapeaux de roues signifie effectuer un démarrage rapide, précipité. Mais de quoi parle-t-on précisément ?

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Au début de l’automobile, les chapeaux de roues désignaient les enjoliveurs de voitures. À l’époque, lorsqu’un conducteur démarrait brusquement et prenait un virage assez rapidement, il finissait souvent sur les chapeaux de roues. Autrement dit, la voiture penchait légèrement sur le côté à cause de la vitesse.

En effet, les anciennes automobiles ne tenaient pas aussi bien la route que nos engins actuels. Leur fabrication et la technologie de l’époque ne permettaient pas une bonne tenue de route. Finalement, seuls les roues, et par extension les chapeaux de roues supportaient le poids du véhicule.

«Démarrer sur les chapeaux de roues»  vient de là. 

Appuyer sur le champignon

« Chauffeur si t’es un champion, appuie sur l’champignon ». Qui n’a jamais chanté cela enfant, lors d’un trajet en voiture ou lors d’un voyage scolaire en car ? L’expression «appuyer sur le champignon» signifie accélérer.

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Pourtant, nous le savons tous, nos voitures ne possèdent pas de champignon, ni aucun élément y ressemblant de près. Alors d’où provient cette drôle d’expression ?

Là encore il faut remonter aux prémices de l’automobile pour expliquer l’origine de l’expression. Les pédales d’accélérateur des anciens véhicules n’étaient pas des plaques rectangulaires comme nous les connaissons aujourd’hui, mais des demi-sphères tenues par des tiges. 

La forme de cette pédale faisait alors penser à un… champignon ! Pour prendre de la vitesse, il fallait donc littéralement appuyer sur le champignon.

Péter une durite

Péter un plomb, péter un boulon, péter un câble… Qui n’a jamais pété une durite ? Emprunter au jargon familiale, cette expression directement inspirée de la mécanique d’une voiture correspond au fait de craquer, d’enrager, de devenir fou. Les significations de cette phrase sont nombreuses tant il existe de synonymes pour parler de cette situation de colère et de perte de contrôle. Mais qu’est-ce qu’une durite ?

Une durite est un tuyau permettant de faire circuler un liquide d’un endroit du moteur à un autre. Il peut s’agir de l’huile ou du liquide de refroidissement. De ce fait, si la durite rompt, les conséquences peuvent être très graves. Par exemple, si le liquide de refroidissement n’est pas correctement acheminé vers le moteur, celui-ci peut rapidement surchauffer et se casser.

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Rouler des mécaniques

Nous continuons sur la mécanique d’un véhicule avec, cette fois-ci, l’expression «rouler des mécaniques» qui indique une attitude prétentieuse, agressive. Elle est employée pour qualifier quelqu’un qui souhaite impressionner.

C’est au début du XXe siècle que nous trouvons l’origine de cette expression. Elle fait référence à une automobile bien constituée, généralement associée à un signe de richesse. À l’époque, les voitures étaient le moyen de locomotion des personnes les plus aisées. La voiture était un véritable symbole de réussite sociale, ce qui en est faisait souvent un objet de fanfaronnade et de vantardise.

Ainsi, l’expression rouler des mécaniques a vu le jour afin de désigner une personne possédant une gestuelle exagérée et un comportement qui cherche à impressionner la galerie.

Être en dehors des clous

Expression largement répandue aujourd’hui, elle mentionne le non-respect des règles et des limites. Encore une fois, cette phrase provient du secteur de l’automobile et plus précisément de la cohabitation entre les voitures et les piétons. 

Originellement, être en dehors des clous désigne le comportement d’une personne qui n’a pas emprunté le passage piéton pour traverser une route. Elle ne respecte pas les règles de sécurité. Encore une fois, remontons de quelques décennies pour dénicher la genèse de cette expression.

Rappel
Le Code de la Route ne concerne pas uniquement les automobilistes. Les piétons peuvent effectuer des infractions, notamment en circulant en dehors des zones qui leur sont réservées. De ce fait, un piéton est en infraction lorsqu’il traverse une chaussée en dehors du passage piéton, à condition qu’il n’en existe pas à moins de 50 mètres.

Au XXe siècle, afin d’assurer la sécurité de tous, la ville de Paris décide de créer des passages entre deux trottoirs pour que les piétons puissent franchir la route sans se faire écraser. Pour cela, d’énormes clous sont enfoncés dans la chaussée pour délimiter cet espace. Le passage clouté, expression encore utilisée de nos jours, provient également de ce dispositif.

Si à cette époque, on en comptait des centaines dans la capitale, ces clous ont laissé place à des bandes blanches depuis la fin des années 60.

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