En continuant la navigation, vous acceptez les cookies. Ils nous permettent d'améliorer nos contenus pour vous proposer des services adaptés. En savoir plus
Vous pouvez également consulter notre politique de confidentialité ici.
Entretien

Et si on pensait davantage au covoiturage pour se déplacer au quotidien ?

Alors que le déconfinement se met en place progressivement, le gouvernement a invité les Français à se tourner vers les mobilités alternatives pour leurs déplacements. Le covoiturage en fait partie et est une bonne solution pour circuler en sécurité tout en gagnant du temps et de l’argent. Nous en avons discuté avec Julien Honnart, CEO et co-fondateur de Klaxit, le leader du covoiturage domicile-travail.

klaxit application

Klaxit en quelques mots, qu’est-ce que c’est ?

Klaxit est une application de covoiturage pour les trajets domicile-travail. Le principe est simple : elle permet aux conducteurs de trouver des passagers pour rentabiliser leurs frais, et aux passagers de gagner soit du temps par rapport aux transports en commun soit de l’argent sur un véhicule qu’ils n’utilisent pas.

Notre promesse : aucun détour pour le conducteur et pour les passagers, la possibilité de trouver des conducteurs proches de chez soi. Le tout avec flexibilité et fiabilité : si le conducteur a un problème de voiture ou doit annuler, le trajet est garanti sans frais supplémentaires grâce à nos partenariats avec la Maif et Uber.

On parle beaucoup de mobilités alternatives en ce moment, dans le cadre du déconfinement. Outre le vélo, le secrétaire d’Etat aux Transports a dernièrement encouragé le covoiturage. Quels sont ses avantages ?

Effectivement, le covoiturage a été recommandé par les pouvoirs publics ces derniers jours. C’est un moyen de transport sécurisé : en respectant les gestes barrières, en accueillant maximum un passager par véhicule et en imposant le port du masque, les trajets peuvent se faire dans de bonnes conditions sanitaires, plus rassurantes que celles des transports.

Certains usagers redoutent tout de même de partager un véhicule. Chez Klaxit, avez-vous mis en place d’autres précautions pour rassurer les conducteurs comme les passagers ?

badge confiance klaxitOui, absolument. Depuis le 11 mai, tous les utilisateurs qui veulent covoiturer avec Klaxit peuvent signer une charte d’engagement qui rappelle les règles et gestes barrières à respecter pour voyager en sécurité. Chaque personne qui s’engage à respecter ces consignes reçoit un « badge confiance » visible sur sa photo de profil. C’est rassurant pour tout le monde.

Autre mesure prise chez Klaxit : les conducteurs ne peuvent prendre qu’un passager par véhicule, pour veiller au respect de la distanciation. Au-delà d’un passager, le conducteur n’apparaît plus comme disponible dans l’application.

Le gouvernement a mis en place des aides pour encourager l’usage du vélo en ce moment. Le même type de dispositif est-il prévu pour le covoiturage ?

Non, il n’y a pas de plan covoiturage.

C’est pour cela que nous demandons des mesures immédiates en faveur du covoiturage, tout particulièrement la mise en place de voies réservées au covoiturage sur les voies rapides. Cela a déjà été fait sur l’A1 et l’A6A mais on peut aller plus loin et étendre le dispositif. Le trafic est réduit actuellement, c’est justement le bon moment pour mettre en place ce type d’action.

" Nous demandons des mesures immédiates en faveur du covoiturage, tout particulièrement la mise en place de voies réservées au covoiturage sur les voies rapides "

Il n’y a donc pas d’aides financières prévues ?

Pas de nouvelle aide, non. Mais le forfait mobilité durable voté dans le cadre de la loi LOM* – donc avant le confinement – va dans ce sens. Il permet aux entreprises qui le souhaitent de reverser 400€/an à un salarié qui utilise une alternative à la voiture pour se rendre au travail. Le covoiturage entre donc dans ce cadre et il s’agit d’une très bonne mesure.

Mais ce forfait n’est pas cumulable avec les transports en commun, les gens doivent choisir, par exemple entre leur pass Navigo ou le covoiturage. Pour être vraiment efficace, ce forfait devrait être revalorisé à 800€, avec un co-financement à hauteur de 50% par l’Etat. Là, les usagers pourraient opter pour différentes mobilités et les entreprises pourraient vraiment proposer ce forfait à leurs salariés.

Klaxit covoiturage

Le covoiturage est une solution particulièrement prisée lorsque les transports font défaut, par exemple lors des grèves, de la crise sanitaire… Les Français y songent encore comme une solution de recours et pas comme une solution durable, pourquoi ?

Effectivement, et c’est principalement dû au fait que la pratique n’est pas encore assez connue, ancrée dans les esprits. Le frein principal est de changer les habitudes, de nous faire connaître davantage. Car une fois que les gens ont essayé le covoiturage, ils sont majoritairement séduits. Après les grèves du début d’année par exemple, 70% de nos nouveaux utilisateurs ont continué à utiliser notre service, preuve qu’ils ont trouvé une réponse plus que temporaire.

Il faut donc que le gouvernement envoie un signal fort, qu’il prenne des mesures incitatives. D’autant plus qu’en Europe, les Français sont les champions du covoiturage sur les longues distances. En lui donnant plus de visibilité, le covoiturage sur les courtes et moyennes distances pourrait vite décoller.

" Une fois que les gens ont essayé le covoiturage, ils sont majoritairement séduits "

La loi LOM, promulguée fin 2019, a justement pour but de développer les mobilités écologiques et économiques. Pensez-vous qu’elle sera un tremplin efficace pour le covoiturage ?

Oui, la loi LOM, à laquelle Klaxit a beaucoup contribué, a posé un vrai cadre pour l’essor du covoiturage. Elle a apporté notamment trois avancées. Premièrement, elle permet aux collectivités de subventionner les trajets en covoiturage. Deuxièmement, elle a introduit le forfait de mobilité durable, même s’il ne va pas encore assez loin. Et enfin, elle facilite la mise en place de voies réservées au covoiturage sur les grands axes. La loi LOM a donc posé de très bonnes bases, mais il faut aller plus loin et réellement passer à l’action si l’on veut changer la donne.

On parle beaucoup du covoiturage en ce moment dans les zones urbaines, notamment pour désengorger le trafic. Mais l’envisagez-vous aussi comme une solution d’avenir dans les territoires moins denses, où les transports en commun peuvent faire défaut ?

Absolument. Le covoiturage peut être un service très pertinent dans les zones périurbaines, lorsque les transports en commun ne sont pas viables. Nous avons d’ailleurs développé des partenariats avec des villes moyennes, comme Lunéville, Privas ou Lannion par exemple. Lorsque l’activité est en dehors des centres-villes notamment, le covoiturage est particulièrement adapté et notre rôle est de capter le flux automobile pour palier l’absence de transports en commun.

Et dans les zones rurales ou périurbaines, le covoiturage peut offrir un bien meilleur équilibre économique. Pour une ville qui subventionne le covoiturage, ce dernier peut revenir de 2 à 10 fois moins cher qu’une offre de transports en commun. Nous travaillons donc aussi avec ce type d’acteurs.

klaxit entreprises

Comment envisagez-vous la 2nde moitié de l’année, avez-vous des projets à venir ?

Pendant le confinement, nous avons logiquement subi une baisse du volume de nos trajets. En revanche, notre activité commerciale a très bien continué et devrait se poursuivre dans les mois à venir. Nous avons notamment noué plusieurs partenariats avec des villes en mars, avril et mai. Début mars, nous nous étions fixé l’objectif de signer un partenariat par mois. Cet objectif a non seulement été maintenu et devrait même être dépassé d’ici l’été.

Le covoiturage subventionné par les entreprises

Klaxit offre un service aux particuliers, aux collectivités, mais aussi aux entreprises ! Logique, puisque l’application est spécialisée sur les trajets domicile-travail. Klaxit travaille ainsi avec 300 entreprises. Grâce à ces partenariats, les salariés d’une entreprise peuvent facilement trouver des collègues qui empruntent les mêmes trajets qu’eux. En moyenne, dans une entreprise, le taux d’adhésion au covoiturage est de 1 à 3%, contre 20% avec Klaxit. Preuve que le covoiturage entre collègues a de beaux jours devant lui !

* La loi d’Orientation des Mobilités

Crédits photo : Klaxit