Radars automatiques : attention aux fausses dénonciations !


Une voie dégagée, un timing un peu serré et voilà que vous faites monter les tours de votre auto avant qu’un radar automatique ne vous joue un mauvais tour. Vous avez sûrement dû connaître ce cas de figure certes irritant, mais que l’on finit par oublier plus ou moins rapidement. Ce genre de situation devient en revanche bien plus préjudiciable lorsque vous continuez à recevoir des contraventions et autres courriers vous annonçant un retrait de points suite à une infraction que… vous n’avez pas commise ! Lumière sur cette pratique illégale pouvant concerner absolument n’importe qui.

Radars automatiques et fausses dénonciations : les dessous de cette arnaque

Dessous arnaque radars automatiques

Cette situation de fausse dénonciation est arrivée à de nombreux automobilistes qui se sont mis à recevoir des centaines de lettres estampillées Ministère de l’Intérieur leur demandant de s’acquitter d’une amende à la suite d’un excès de vitesse relevé par plusieurs radars automatiques. Il s’agit en réalité d’une arnaque bien huilée venant de personnes mal intentionnées dont le mode opératoire est simple et connu de tous : l’usurpation d’identité.

Pour ce faire, ils récupèrent les informations d’un permis de conduire perdus ou tombés entre de mauvaises mains pour les communiquer à des automobilistes ne voulant pas perdre de points ou s’acquitter d’une amende salée. Ainsi, contre une somme d’argent correspondant généralement à une partie de l’amende, le plus souvent entre 50 et 150 euros, de nombreux conducteurs exploitent ces vols de données pour échapper à la justice.

Certains vont même plus loin puisqu’ils en ont fait leur fond de commerce en se revendiquant spécialistes du droit routier et promettent d’annuler toutes retombées liées à une infraction grâce à des permis égarés.

Comment une telle arnaque est-elle possible ?

Elle se base tout simplement sur le numéro de permis attribué à chaque automobiliste qui le garde de manière permanente, et ce, même s’il lui arrive de le perdre ou de devoir le repasser. De ce fait, un conducteur n’ayant connu aucune infraction ou ne conduisant plus peut tout de même être inquiété par la justice pour des faits qu’il n’a évidemment pas commis. 

C’est justement ce qui est arrivé à un conducteur rennais qui a dû répondre de plus de 200 infractions dont il était innocent. Si le centre national de traitement des infractions routières de la ville a bien régularisé la situation de l’automobiliste et dédit les radars automatiques, il n’a en revanche pas été avisé de la perte dudit permis par les services du fichier national du permis de conduire (FNPC). Ce conducteur n’est pas le seul puisqu’un autre a cumulé plusieurs milliers de fausses désignations !

Ainsi, s’il est bien évidemment illégal d’avoir recours à de telles pratiques, il reste difficile de faire peser le poids d’une telle malveillance aux délinquants. Difficiles à identifier, ces derniers profitent de la volatilité dont jouissent les données sur Internet et les réseaux sociaux pour continuer à se faire passer pour une tierce personne.  

L’autre arnaque en vogue, celle de la plaque d’immatriculation (également appelée « doublette »), est également connue des autorités compétentes. Elle consiste à reproduire la plaque d’immatriculation d’origine pour s’en servir et commettre toutes sortes d’infractions une fois sur la route. Cette pratique évidemment illégale répond donc au même impératif, celui de se faire passer pour quelqu’un d’autre.

Est-il possible de « transférer » son amende et son retrait de points ? 

La pratique est courante. Pourtant, elle reste interdite, même si la personne (généralement un membre de la famille) désignée consent à ce retrait de point ! Les conducteurs qui y ont recours s’exposent à une autre amende, bien plus salée cette fois, puisqu’elle est de 15 000 euros, accompagnée de 6 mois de prison, des peines complémentaires éventuelles ainsi que du retrait de point en question. 

Que faire si je suis concerné ?

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Prouver sa bonne foi et contester une infraction relevée par un ou plusieurs radars automatiques n’est pas une mince affaire. Le mieux reste encore de porter plainte pour usurpation d’identité et de transmettre une copie du récépissé du dépôt de plainte à l’Agence nationale de traitement automatisé des infractions. 

Si vous vous engagez dans ces procédures, ne vous acquittez pas le montant de l’amende forfaitaire pour que votre contestation soit recevable. Soyez sûr d’avoir en votre possession toutes les pièces justificatives à savoir : 

  • Votre avis de contravention
  • Le récépissé du dépôt de plainte ;
  • Tout autre justificatif utile.

Vous pourrez contester la contravention en ligne ou par courrier recommandé avec accusé de réception en envoyant votre contestation à l’adresse postale de l’Officier du Ministère Public que vous pourrez retrouver sur la première page de l’avis de contravention.

Toutes les informations sur la contestation d’un avis de contravention : https://www.antai.gouv.fr/designation-ou-contestation/

 



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