Top 10 des villes françaises où l’on utilise le moins la voiture


L’automobile est un secteur clé dans l’industrie française. Objet de liberté, de collection ou de luxe, les Français apprécient ce moyen de transport personnel. Pour partir en vacances ou aller au travail, le véhicule privé reste l’un des moyens de déplacements préférés dans l’Hexagone. À l’occasion de la Journée sans voiture, voici un Top 10 des villes françaises ayant le moins recours à la voiture.

Où utilise-t-on le moins la voiture ?

La voiture est un mode de transport encore privilégié par de nombreux conducteurs français. Une étude Ifop menée pour Eco CO2, à l’occasion de la Semaine Européenne de la Mobilité se déroulant du 16 au 22 septembre, indique que 30% des parents effectuent le trajet domicile-école en voiture.

Dans certaines villes et départements, les habitants n’ont pas d’autres choix que de prendre leur véhicule personnel, faute d’alternative plus respectueuse de l’environnement.

Ce sont principalement les citadins qui boudent le plus la voiture (qu’elle soit diesel, essence ou électrique) pour leurs déplacements. Un récent rapport d’expertise (publié en juillet 2021) réalisé par Adetec, le bureau d’études au service des politiques alternatives de déplacements, confirme cette tendance.

L’étude révèle les données suivantes sur les habitudes de la population de villes-centres (il s’agit ici de moyennes) :

  • 49% de leurs déplacements sont effectués en voiture ;
  • 36,6% sont faits à pied ;
  • 11,8% sont réalisés en transports en commun ;
  • 2,6% sont pratiqués à vélo.

Globalement, la voiture semble rester l’un des moyens de locomotion les plus appréciés par les citadins : elle arrive en tête dans 37 villes-centres sur les 47 prises en compte pour l’étude de l’Atedec. Alors, dans quelles villes utilise-t-on le moins la voiture ?

Sans grande surprise, Paris arrive en tête du classement des villes avec une offre de transports en commun et de pistes cyclables très développée. Lyon se place à la 2e position, suivie de Grenoble et de Rennes.

Rang

Ville

Voiture

Transports

Marche

Vélo

1

Paris

12,8%

31,9%

52,3%

3%

2

Lyon

27,4%

25,6%

44,4%

2,6%

3

Grenoble

32,5%

20,5%

41,7%

5,3%

4

Rennes

33,4%

18,7%

43,1%

4,7%

5

Strasbourg

36,2%

14,9%

40%

8,9%

6

Rouen

37%

17,8%

43,5%

1,7%

7

Lille

37,1%

18,7%

41,3%

2,9%

8

Tours

39,5%

15,4%

41,1%

4%

9

Bordeaux

40%

14,4%

39,2%

6,4%

10

Nancy

40,3%

12,3%

45,4%

2%

Parmi les 47 villes-centres analysées par le bureau d’études, Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) est la grande ville où la voiture est le moyen de transport le plus utilisé, avec 66,9% des trajets effectués en voiture. Pourtant Saint-Nazaire n’est pas la ville la plus embouteillée de France.

Les types de transport privilégiés par les Français ne semblent pas avoir de lien avec la circulation. En effet, Paris est la ville où le véhicule privé est le moins utilisé. Cependant, selon l’édition 2021 de l’étude mondiale TomTom Traffic Index, Paris est toujours n°1 du classement des villes françaises les plus embouteillées.

A quoi sert la Journée sans voiture ?

Mercredi 22 septembre, c’est la journée mondiale sans voiture ! En Europe, les premières journées de ce type sont apparues dans les années 1950. En 1956, certains pays redoutaient des pénuries de carburant à la suite de la crise du canal de Suez. Des pays tels que la Belgique et les Pays-Bas mettent en place cette journée sans véhicule.

Au moment de la crise pétrolière de 1973, d’autres pays adhèrent à cette initiative. Cette dernière s’essouffle jusqu’à ce que l’Islande la remette au goût du jour, avec un objectif tout autre : la sensibilisation aux conséquences de l’utilisation trop massive de la voiture sur l’environnement et la santé.

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En effet, ce moyen de transport participe à l’émission de gaz à effet de serre (GES). En France, les transports représentent 31% de l’ensemble des GES, selon le site du développement durable du gouvernement. 97% de ces émissions sont composées de CO2 et proviennent de la combustion des carburants.

Le transport routier (incluant les véhicules particuliers, les poids lourds et les utilitaires légers) est le secteur le plus émetteur de CO2 en France, avec 127,1 millions de tonnes de CO2, suivi de l’agriculture et la sylviculture*, et du secteur résidentiel et tertiaire.

De plus, les professionnels de santé alertent depuis quelques temps sur les impacts des émissions de CO2, auxquels participent les transports routiers. Dans une publication, « Pollution de l’air ambiant : nouvelles estimations de son impact sur la santé des Français », parue le 14 avril 2021, Santé Publique France estime que « la mortalité liée à la pollution de l’air ambiant reste un risque conséquent en France avec 40 000 décès attribuables chaque année aux particules fines » (ce chiffre a été estimé pour la période 2016-2019).

Existe-t-il un réel intérêt écologique de la Journée sans voiture ?

Au sein des grandes agglomérations françaises, la Journée sans voiture 2021 a été mise en place un dimanche afin de ne pas perturber la circulation en pleine semaine. De ce fait, Paris, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Le Mans ou encore Angers ont fermé l’accès à de nombreuses rues pendant une partie de la journée du dimanche 19 septembre.

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Ce type d’initiative a-t-il un réel impact sur la qualité de l’air que les habitants des villes respirent ? A Paris, de 11h à 18h, les voitures étaient interdites dans l’hypercentre et sur les Champs-Elysées. Selon Airparif, une association indépendante mesurant la qualité de l’air en Ile-de-France, les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) à Paris ont été 20% moins élevées par rapport à un dimanche habituel.

Pierre Pernot, le directeur des partenariats, de la communication et du digital d’Airparif rappelait sur la chaîne d’information BFM TV que les « véhicules polluants émettent des dioxydes d’azote qui sont dangereux pour notre santé et des particules fines » qui le sont également.

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C’est un gaz toxique se dégageant lors de la combustion de carburants d’origine fossile. Le principal effet du dioxyde d’azote sur la santé est une inflammation des voies respiratoires sur de courtes durées, lorsqu’un certain seuil est dépassé.

La réduction de l’utilisation des transports routiers pourrait avoir des effets positifs sur la santé. Dans son étude, citée ci-dessus, Santé Publique France indique que la diminution de la circulation routière a des conséquences significatives sur la santé.

En effet, lors du premier confinement en 2020, Santé Publique France a estimé que :

  • 2300 décès en lien avec une réduction de l’exposition aux particules ont été évités durant cette période ;
  • 1300 décès corrélés avec une diminution de l’exposition au dioxyde d’azote ont également été évités.

Ainsi, Santé Publique France conclut qu’une « action volontariste sur la réduction des émissions de polluants dans l’air se traduit par une diminution sensible de l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé, et la mortalité en particulier ».

*La sylviculture est l’ensemble de techniques permettant la création et l’exploitation rationnelle des forêts tout en assurant leur conservation et leur régénération.

 

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