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Automobile : retour sur 5 polémiques totalement oubliées


Le 17 novembre 2018 naissait un vaste mouvement de contestation contre les taxes et restrictions imposées aux automobilistes : les Gilets jaunes. Deux ans après, où en sont les 5 débats principaux soulevés par les manifestants ?

 La taxe carbone

Elle rapporte chaque année 8 milliards d’euros de recettes à l’Etat français. La taxe carbone a été l’élément déclencheur des manifestations. Cette fiscalité, présentée comme un moyen de réduire la pollution, a été une goutte d’eau dans le plein d’essence. Pour rappel, plus de 50% du prix de l’essence en France est composé par les taxes et impôts.

En 2020, sous les enjeux sanitaires, cette taxe s’est faite totalement oublier. C’est même l’inverse à présent, puisque le Parlement européen prépare actuellement un système de « taxe carbone aux frontières ». Plutôt que d’imposer les citoyens européens, il s’agirait de taxer l’importation des produits provenant de pays non vertueux en termes de lutte contre le réchauffement climatique.

En France, si la hausse de la taxe carbone a été annulée en 2019, la taxe existe bel et bien. Entre 2020 et 2030, elle devrait même passer de 44,6€/tCO² à 100€/tCO². En Belgique, la ministre de l’Environnement n’a pas été découragée par les oppositions puisqu’elle prévoit d’imiter la France en créant un « prix carbone » sur le modèle de notre taxe.

 Le prix des péages

peage

Les automobilistes en colère étaient également exaspérés par les hausses successives du prix des péages. Lors des samedis de manifestations, des opérations « péages ouverts » étaient d’ailleurs symboliquement réalisées. Qu’est-ce qui a changé depuis ?

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Rappelons que dès 2018, en réponse aux contestations, le gouvernement a trouvé un accord avec les trois concessionnaires : Vinci, APRR et Sanef. La solution pour soulager les usagers de la hausse prévue au 1er février 2019 (+1,8%) est une offre de réduction de -30% pour les automobilistes faisant au moins 10 allers-retours sur le même tronçon chaque mois. Cette offre a fait un flop monumental.

Depuis, de nombreuses idées ont été lancées au sein de la classe politique. Une commission d’enquête sénatoriale réfléchit à un tarif de péage modulable en fonction du degré de pollution et du nombre de passagers. Le gouvernement agite inlassablement sa menace de « renationalisation » des autoroutes pour tenter de limiter les hausses. Rien n’y fait : au 1er février 2020, les Français ont encore subi une augmentation des péages de +0,85%.

 Les 80km/h

C’était la mesure phare d’Edouard Philippe, présentée en janvier 2018 dans la loi Mobilités et devant permettre de sauver 400 vies chaque année. Le passage des routes de 90km/h à 80km/h a été la polémique la plus entretenue depuis deux ans, et celle qui a le plus divisé les élus locaux. A l’époque, Chantal Perrichon avait défendu cette mesure (voir entretien ci-dessous).

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Le premier bilan avait été présenté début 2020. La Sécurité Routière avançait le chiffre de 349 vies sauvées sur dix-huit mois. Pourtant, l’opposition n’était pas convaincue car il était impossible d’établir le lien entre l’abaissement de la vitesse et la réduction de la mortalité, d’autant plus que le bilan prenait en compte des routes à 60, 70, 80, 90 ou même 110km/h. Depuis ces chiffres, la question n’a guère intéressé les médias.

Il faut dire que le cahot administratif a été plus important encore que la colère des automobilistes. 12 départements sont en effet repassés aux 90km/h en 2020 : Haute-Marne, Cantal et Corrèze en tête, suivis par de nombreux autres. Selon France Bleu, une dizaine d’autres départements français ont déjà réfléchi à les suivre, ce qui monterait le chiffre à 22. La France des routes est donc divisée en deux.

 L’interdiction du diesel

Ventes véhicules diesel

Le Plan Climat de Nicolas Hulot prévoit l’interdiction du diesel et de l’essence en France en 2040, purement et simplement. Pour y parvenir, la loi Mobilités a déjà avancé quelques pions, notamment le déploiement des zones à faibles émissions (ZFE) dans les grandes agglomérations. Les véhicules diesel Crit’Air 5 à 3 y seront progressivement bannis.

Depuis 2017, Paris, Lyon, Grenoble et le Grand Paris ont déjà mis en place des ZFE. Lyon prévoit l’interdiction du diesel en 2026. Anne Hidalgo pense pour sa part y mettre fin dès 2024, tandis que la métropole Grand Paris mise sur 2030. Ces mesures restrictives, qui ont suscité l’opposition des Gilets jaunes, ont pourtant été saluées par 78% des Parisiens selon un sondage Ipsos.

En 2021, sept agglomérations rejoindront le dispositif ZFE ; en 2025, toutes les villes de plus de 150 000 habitants en feront partie.

 Les radars tourelles

Dernière innovation technologique et fiscale du gouvernement, le radar tourelle a vu le jour en 2018. Pris directement pour cible par les manifestants, qui en ont détruit plusieurs (au fusil, à la tronçonneuse, etc), le radar tourelle a connu des débuts difficiles.

Ce radar permet de contrôler jusqu’à 126 voitures en même temps, dans les deux sens de circulation, jusqu’à 100 mètres, et son flash infrarouge n’est pas repérable. Il permet de détecter des excès de vitesse mais aussi d’autres infractions (distances de sécurité, feu rouge, dépassements dangereux, téléphone au volant, non-port de la ceinture…).

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Les radars tourelles sont toujours la hantise des automobilistes, mais les dégradations ont cessé en 2020. On devrait compter 1 200 cabines à la fin de l’année 2020 ; et l’objectif pour 2022 est de monter à 6 000 cabines.
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