Essence au plomb : la fin d’une ère

Cela faisait presque vingt ans que le Programme des Nations Unies pour l’Environnement luttait pour parvenir à ce résultat : la fin de l’utilisation du plomb dans l’essence pour les automobiles. C’est désormais chose faite car l’Algérie, dernier pays en date à y avoir recours, a épuisé ses derniers stocks.

Diesel ou essence : que choisir ?

Un danger pourtant avéré depuis 1924

Le plomb-tétraéthyle est un composant toxique à la fois pour l’homme et pour l’environnement. Son utilisation remonte aux années 1920 dans le but d’améliorer les performances des moteurs autos. En effet, ce combustible a des vertus lubrifiantes et permet une résistance à la détonation du moteur. Cependant, dès 1924, plusieurs cas d’hospitalisations et cinq décès étaient répertoriés dans une raffinerie au New Jersey (Etats-Unis), en lien direct avec l’essence au plomb.

Dans les années 1970 et 1980, les pays deviennent de plus en plus restrictifs vis-à-vis de l’essence au plomb. Ce sont bien les pays développés qui décident d’arrêter sa commercialisation au profit d’autres types de carburants, les pays aux revenus les plus faibles se séparant difficilement du combustible.

Les Etats-Unis l’interdisent totalement en 1975 sur leur territoire. De nombreux procès s’ouvrent dans le reste du monde, notamment contre Innospec (fabricant américain d’essence au plomb), et finissent par avoir raison de ce dangereux carburant dans beaucoup de pays asiatiques et africains.

Un nouveau chapitre pour le futur de l’auto

Les avantages de la fin de l’essence au plomb sont multiples :

  • 1,2 millions de morts prématurées évitées ;
  • Nombreuses maladies indirectes évitées (cancers, problèmes cardiaques et mauvais développement du cerveau) ;
  • Plus de 2 400 milliards de dollars économisés à l’échelle mondiale ;
  • Moins de pollution de l’air.

La Chine, les Etats-Unis et l’Inde ont stoppé net l’utilisation de ce carburant depuis plusieurs années sur leur territoire. Il faut attendre 1990 pour que la France y mette un terme. Après la Corée du Nord, la Birmanie et l’Afghanistan en 2016, c’est donc l’Algérie qui signe la fin officielle de l’utilisation de l’essence au plomb, relançant par la même occasion le débat de la pertinence des voitures thermiques.

L’économiste danoise Inger Andersen voit dans cette décision une réelle opportunité pour doubler les efforts en vue d’une industrie automobile plus écologique mais aussi de conducteurs plus responsables : « la combinaison de carburants et de véhicules plus propres peut réduire les émissions de plus de 80 % ».

Rappelons que les moteurs thermiques doivent disparaître d’ici 2035 selon la Commission Européenne et que les achats de voitures électriques sont de plus en plus nombreux en Europe, encouragés par le gouvernement et les fabricants automobiles.