Fin de la voiture thermique : les députés européens favorables à un arrêt des ventes de voitures neuves en 2035

De moins en moins de voitures thermiques à partir de 2035 ? Telle est l’idée à laquelle il faudra probablement se faire si l’on en croit l’accord trouvé mercredi 8 juin entre les députés des différents pays membres de l’Union européenne (UE) au Parlement européen de Strasbourg. Ayant déjà commencé sa mue, le marché de l’automobile va devoir l’accélérer puisque les véhicules thermiques neufs, qu’ils soient essence ou diesel, ne devraient plus être vendus par les différents constructeurs auto.

Fin voiture thermique : députés européens favorables arrêt ventes de voitures neuves en 2035

Le marché du neuf tel que nous le connaissons aujourd’hui ne sera plus le même dans une dizaine d’années : les eurodéputés, qui se sont réunis à Strasbourg (Grand Est) se sont accordés sur une nouvelle réglementation au sujet de l’achat de voitures essence, diesel et hybride, à l’issue de longs débats durant lesquels ils se sont vivement opposés. Représentants d’ONG pro-environnement et constructeurs automobiles ont également eu leur mot à dire, chaque parti voulant faire entendre raison à l’autre.

C’est finalement la volonté d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 qui l’a emporté. Et pour ce faire, le Vieux Contient, qui souhaite être le premier à atteindre cet ambitieux objectif, va s’atteler à réduire de 100 % les émissions de CO2 émanant des voitures neuves.

Il s’agit d’un soulagement pour les eurodéputés favorables à cette « révolution ». Soulagement partagé par Karima Delli, présidente de la Commission Transport au Parlement européen et députée européenne, qui confiait à Ouest France l’importance d’une telle transition : « Il y a urgence. Le dernier rapport du GIEC nous donne moins de trois ans pour réduire nos émissions de CO2. C’est une responsabilité collective. »

Précisons tout de même qu’il sera encore possible de circuler au volant d’un véhicule thermique après 2035. Seule la vente de véhicule neuf essence ou diesel deviendra interdite dans treize ans. Il sera donc tout à fait possible de faire l’acquisition d’un véhicule issu du marché du neuf et de rouler avec les années qui suivent. La vente de voitures thermiques d’occasion n’est pas concernée par cette potentielle mesure qui n’acte pas encore la fin de la voiture thermique en Europe.

Rien de définitif, mais une bataille déjà bien engagée

Pour faire face à ce défi de taille pour les constructeurs, un fonds devrait être mis à leur disposition pour que les différents acteurs impliqués de l’industrie automobile puissent se donner les moyens d’assurer, notamment sur le volet social, cette transition.

Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA) et ancien ministre entre 2007 et 2012 a notamment pointé du doigt du micro de Franceinfo l’hypothèse selon laquelle « il n’y ait pas de consommateurs au rendez-vous » d’ici ladite échéance, dans un scénario du « pire »« l’industrie automobile et les États européens aient dépensé des centaines de milliards d’euros ». Il rappelle en outre qu’« en 2030, il faudrait sept millions de bornes de recharge en Europe, cela veut dire environ un million en France et nous en sommes à 60 000. Pour les grands départs, il faudrait 70 bornes de recharge ultra rapide par station-service sur l’autoroute. Nous en sommes très loin ».

Mais rien n’est encore fait et il s’agit là d’un élément qui devra être (encore) discuté dans le cadre de nouveaux échanges entre le Parlement européen et le Conseil de l’UE (rassemblant les 27 pays membres de l’organisation). Si rien fait et que la fin de la voiture thermique n’est pas pour tout de suite, la tendance est à l’entérinement de cette mesure dont les arguments étaient déjà considérés comme pertinents avant même les discussions qui ont eu lieu cette semaine.