Auto : sans-plomb et superéthanol, un cocktail risqué

Les automobilistes sont de plus en plus nombreux à associer du sans-plomb à du superéthanol pour économiser sur leur plein d’essence, une pratique économique mais risquée. En effet, lorsque le véhicule n’est pas homologué pour recevoir ce biocarburant, un tel mélange risque de causer des dommages irréparables au véhicule… Dommages qui ne seront peut-être pas pris en charge par l’assurance auto.

Essence

Avec un prix moyen de 0,67€ le litre, contre 1,58€ pour le SP95-E10 (chiffres d’août 2021 du ministère de la Transition écologique) le superéthanol E-85 est à ce jour le carburant le moins cher du marché. Produit à partir de betteraves et de céréales, ce biocarburant suscite un engouement particulier chez les automobilistes désireux de faire des économies. Certains n’hésitent pas à faire un demi-plein en superéthanol E-85 et à compléter par du SP95, alors même que leur véhicule n’est pas correctement équipé !

Sans boîtier spécifique permettant au moteur de disposer des bons réglages, il n’est pas conseillé de faire le plein de carburant avec de l’E85, même en le mélangeant à un autre carburant. UFC Que Choisir, 2019

Des dégâts sur le moteur

Si cette pratique n’est pas illégale, elle est néanmoins fortement déconseillée. En effet, lorsque l’on met du Superéthanol-E85 dans un véhicule non équipé d’un boîtier de conversion flex-E85 homologué, la quantité de carburant injectée n’est pas augmentée et le moteur ne reçoit pas assez d’énergie. À terme, le risque d’endommager le moteur est donc grand. Des dégâts mécaniques et de graves dysfonctionnements sont également à redouter.

Des conséquences sur l’assurance et la garantie constructeur

L’autre principal risque de mélanger ce biocarburant à du sans-plomb est lié à votre assurance auto : en cas de problème mécanique, l’expert est susceptible de refuser la prise en charge des factures de réparation s’il constate qu’il y a eu association de carburants. Une telle pratique n’est effectivement pas conforme aux recommandations SRA (Sécurité et réparations automobiles). Elle risque même de faire sauter votre garantie constructeur !

La solution : installer un boîtier homologué

Pour permettre aux conducteurs d’utiliser du superéthanol sans risquer d’abîmer leur véhicule, la filière auto s’est associée à l’administration. Ensemble, elles ont créé des boîtiers homologués flex-E85 qui s’adaptent aux véhicules.

Concernant la compatibilité des matériaux avec l’éthanol (notamment les durites en plastique), le premier critère est que le véhicule soit déjà officiellement compatible avec le SP95-E10. L’arrêté sur l’homologation des boîtiers présente les autres critères d’installation d’un boîtier.

Ces dispositifs permettent donc de rouler avec du superéthanol sans risque pour le moteur.

Comment fonctionne le boîtier ?

Il mesure en continu la proportion d’éthanol dans le réservoir : plus il y a d’éthanol, plus il augmente la quantité de carburant injecté dans le moteur pour compenser le plus faible pouvoir énergétique de l’éthanol par rapport à l’essence fossile.

Un investissement vite rentabilisé

Le principal freint à l’achat est le coût du boîtier : les prix commencent à 700 euros et peuvent grimper jusqu’à 1500 euros.

Néanmoins, vous rentabiliserez rapidement l’achat de votre boîtier : l’utilisation de Superéthanol-E85 permet une économie de 40% environ sur le budget carburant, le Superéthanol-E85 étant vendu environ 2 fois moins cher que l’essence sans plomb par litre (source : Collective du Bioéthanol).