Carburant synthétique : et si le soleil faisait fonctionner nos moteurs ?


L’innovation nous vient tout droit de l’EPFZ (École polytechnique fédérale de Zurich). Il est possible que les prochaines années soient synonymes d’une utilisation d’un carburant nouvelle génération pour nos autos. Ce carburant synthétique, obtenu grâce… au rayonnement solaire ! Un sursis pour les véhicules à combustion face à l’émergence de l’électrique et de l’hydrogène ?

Un carburant synthétique issu du soleil et de l’air

Les « synfuels » (comprenez les carburants synthétiques) font partie des solutions pleines de perspectives pour continuer à alimenter des millions de véhicules roulant aux carburants fossiles et ne pouvant, de toute manière, pas disparaître du jour au lendemain. Face à l’urgence climatique, la priorité est de continuer à pouvoir profiter de nos mobilités en développant une essence plus respectueuse de l’environnement. C’est ce à quoi s’emploient les carburants du futur comme l’éthanol ou l’hydrogène.

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L’intérêt d’utiliser un carburant synthétique réside dans le fait d’utiliser des sources renouvelables, non polluantes et peu nécessiteuses en électricité lors de la production. L’élaboration d’un carburant synthétique, en l’occurrence le « Sun-to-liquid » demande une production à très haute température, mais nul besoin de chercher bien loin, puisque nous pouvons utiliser ce qui se trouve au-dessus de nôtre tête, à savoir le soleil !

En effet, cette nouvelle technologie peut être exploitée par le biais d’une transformation complexe mais déjà éprouvée par l’industrie et d’autres acteurs du secteur comme Shell, qui optimise ce processus chimique depuis 1970.

Cela consiste à :

  1. Emmagasiner la lumière du soleil par le biais de miroirs mobiles, envoyant celle-ci dans un récepteur, lui-même relié à un réacteur ;

  2. Une fois les 1 500 degrés atteints dont le réacteur a besoin pour fonctionner, on obtient une séparation du CO2 et de l’eau, tous deux extraits de l’air en monoxyde de carbone et en hydrogène, pour donner naissance à un gaz synthétique ;

  3. Ce gaz issu de réactions thermochimiques est par la suite converti en carburant via un processus appelé GTL (pour « Gas-To-Liquids »).

Le résultat de ce processus chimique présente alors une composition similaire à celle des carburants fossiles et donc être utilisé par les moteurs à combustion que nous utilisons. Le gaz obtenu peut être sujet à de multiples transformations et peut donc devenir de l’essence ou du diesel bien sûr, mais aussi du kérosène et du méthanol !

Autre avantage, et pas des moindres, le synfuel présente une densité énergétique plus élevée que les carburants fossiles et l’hydrogène, permettant ainsi de tirer les coûts vers le bas !

Carmen Murer, responsable de la communication chez la start-up Synhelion, évoque une installation « dans des déserts, là où les radiations sont importantes », afin d’optimiser la production de ce carburant d’un nouveau genre. Il rappelle aussi qu’« en regardant l’analyse globale du cycle de vie, le carburant produit émet tout de même 50 % de CO2 en moins par rapport à des carburants fossiles ».

Il faudra encore s’armer de patience

Carburant synthétique Synhelion

La start-up Synhelion, issue de l’ETHZ et fondée en 2016, prévoit de construire son propre site pilote en 2023 et de commencer à produire quelques centaines de litres de carburant solaire par jour.

Ce n’est qu’à partir de 2024 que l’entreprise produira près de 700 000 tonnes de synfuel annuels et en 2025 qu’une installation commerciale de 8 000 m² verra le jour. Synhelion aspire, dans moins d’une dizaine d’années, à atteindre une capacité de production avoisinant le million de tonnes par an, à un prix dérisoire d’un euro le litre !

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