Assurance auto : augmentation ou modération des prix en 2022 ?

Le cabinet de conseil Facts & Figure prévoit une augmentation entre 0,5 et 1% des tarifs pratiqués par les assurances automobiles. Une nouvelle qui étonne compte tenu de la circulation de voitures beaucoup moins dense depuis les crises successives dues au Covid-19.

Malgré la forte baisse de la sinistralité en 2020 et la réduction du nombre d’accidents corporels de 20%, la « grande modération tarifaire à l’échelle 2022 » (Facts & Figure) n’a pas l’air d’être du goût de tout le monde. Il existe des disparités énormes dans les politiques des assureurs auto. Certains veulent geler leurs prix, d’autres les augmenter. Comment expliquer ces différences ?

Le problème des surcoûts

La prime assurance auto n’a pas connu une augmentation écrasante entre 2012 et 2020 : on compte une augmentation de 2,40€ par an pour un prix moyen de 434€ en 2020.

Pourtant, les assureurs estiment qu’ils vont devoir absorber des surcoûts dus à leurs autres branches, qui ne sont pas spécialisées dans l’automobile. Les risques liés à l’automobile ont drastiquement baissé, dû à la faible circulation de véhicules et à la baisse de sinistralité ; en revanche, beaucoup d’assureurs qui couvrent aussi l’exploitation des entreprises ont dû indemniser leurs pertes suite à la pandémie. C’est avec cette répartition des coûts qu’ils justifient l’augmentation entre 1 et 2% prévue pour 2022 sur leurs contrats d’assurance auto.

Certains, à l’image de la Matmut, GMF ou de Suravenir avaient déjà gelé leurs tarifs en 2021 mais n’ont pas annoncé qu’ils renouvelleraient cette expérience. La Maif, quant à elle, a indiqué qu’elle gèlera ses tarifs en 2022 pour la deuxième année consécutive, en plus d’avoir remboursé un trop-perçu à ses clients l’année passée.

La flambée du prix de la réparation et des pièces détachées

Les prix des assureurs sont tiraillés entre la baisse du nombre d’accidents de voitures et la hausse du prix des réparations automobiles, mais plus particulièrement des pièces détachées.

Le marché de la réparation auto a vu ses prix augmenter de 6,7% en 2020.

Le phénomène des pièces détachées de plus en plus chères s’explique par des constructeurs n’ont plus le monopole et sont davantage concurrencés. La loi Climat et résilience a laissé le champ libre aux réparateurs indépendants. Le fait que les véhicules de type SUV soient de plus en plus vendus (augmentation des ventes de 3,2% entre 2019 et 2020) est aussi une explication. Ces ventes entraînent une forte demande pour remplacer des pièces extrêmement sophistiquées et parfois difficiles à produire.