Des voitures contrôlées par la pensée ?

Contrôler une voiture avec avec son cerveau

L’idée semble tout droit sortie d’un film de science-fiction. Permettre à l’homme de ne plus conduire avec ses mains… mais à l’aide de son esprit ! C’est la proposition tout à fait singulière d’un groupe de chercheurs chinois.

L’univers de l’automobile ne semble décidément pas pouvoir échapper à la révolution technologique. Les voitures ne cessent d’évoluer, de se perfectionner, de changer la manière dont on les perçoit et les conduit, avec … ou sans volant. A l’aide d’un casque électroencéphalogramme, des chercheurs de l’Université de Tianjin en Chine veulent utiliser l’activité électrique produite par le cerveau humain en commandes capables de contrôler une voiture.

16 capteurs d’activité cérébrale

A l’aide de ce casque doté de 16 capteurs, il sera ainsi possible de capter les instructions et le ressenti du conducteur en analysant directement son activité cérébrale pour la transmettre au logiciel développé par l’équipe du projet. L’objectif avancé par les chercheurs est de combiner le contrôle par le cerveau et la voiture autonome, dans le but de fluidifier toujours plus les interactions entre le véhicule et le conducteur.

  • La voiture contrôlable par la pensée

    Le chercheur Zhang Zhao portant son casque capable de lire l'activité cérébrale.
  • La voiture contrôlable par la pensée

    Cette voiture tout à fait classique peut être contrôlée par les pensées de son conducteur.
  • La voiture contrôlable par la pensée

    Une partie du système permettant de connecter la voiture au casque qui lit l'activité cérébrale.
  • La voiture contrôlable par la pensée

    Contrôler une voiture par la pensée nécessite un grand niveau de concentration pour le chercheur Zhang Zhao.

Un chercheur portant le casque capable de contrôler la voiture qui se trouve derrière lui.

Cette voiture tout à fait classique peut être contrôlée par les pensées de son conducteur.

Une partie du système permettant de connecter la voiture au casque qui lit l’activité cérébrale.

Contrôler une voiture par la pensée nécessite un grand niveau de concentration pour le chercheur Zhang Zhao.

Humaniser les voitures

Bien que la technologie soit encore très loin d’être commercialisée, les premiers tests réalisés par les chercheurs ont rencontré un vif succès. Le conducteur cobaye a été capable de faire avancer, reculer et d’arrêter le véhicule, ou même encore de verrouiller et déverrouiller les portières. D’après le professeur Duan Feng, meneur du projet, « les voitures, qu’elles soient autonomes ou non, sont des machines qui doivent servir les humains. Ainsi, nos intentions doivent être clairement perçues ».

Les esprits derrière ce projet révolutionnaire espèrent ainsi humaniser le comportement des voitures autonomes, qui effraient encore beaucoup de conducteurs sur la perte de contrôle totale du véhicule.

  • Les voitures autonomes ne possèdent pas de conducteur à proprement parler, puisque le véhicule se conduit tout seul à l’aide d’un logiciel et de nombreux capteurs lui permettant de se situer sur la route et par rapport aux autres véhicules, piétons, vélos…
  • Les voitures semi-autonomes sont contrôlées par un conducteur, mais possèdent des systèmes complémentaires d’aide à la conduite automatisée, comme les régulateurs de vitesse ou le stationnement assisté.

La responsabilité du conducteur

Cette innovation en matière de conduite intègre des nouvelles subtilités législatives dans le débat de la responsabilité en cas d’accident. Pour le moment, c’est la Convention de Vienne qui règlemente la question de la responsabilité. Qui est d’ailleurs assez claire : le conducteur est responsable. Ce ne sont pas le constructeur du véhicule ou l’équipementier.

Voiture autonome

La composante autonome et semi-autonome bouscule cependant un peu les choses, et la commission économique pour l’Europe des Nations unies (Unece) semble vouloir plancher sur le sujet avec des révisions sur la convention pour les véhicules semi-autonomes.

« Pour les véhicules semi-autonomes, c’est le conducteur qui est responsable, sauf quand le véhicule va se garer tout seul, auquel cas c’est l’équipementier qui sera mis en cause » experts d’Exane BNP Paribas.

Pour autant, la loi n’est pour le moment pas adaptées au véhicules entièrement autonomes, bien que le système d’auto-conduite de la voiture de Google soit prévu d’être considéré comme un conducteur à part entière par la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration), qui gère la sécurité routière aux États-Unis, malgré son absence de volant et de pédale de frein. Des systèmes dont une voiture contrôlée par la pensée serait logiquement dépourvue.

La question de la responsabilité est donc assez complexe pour le cas de la voiture mise au point par les chercheurs chinois, même si Alain Bensoussan, avocat spécialiste des nouvelles technologies, essaye d’apporter un début de réponse. « Le problème ce ne sera pas la voiture, ce sera l’algorithme », estime-t-il. D’après l’avocat, c’est le créateur du logiciel d’autonomie qui devrait être le responsable par défaut.

Une « responsabilité sans faute »

Me Bensoussan estime qu’il est probable que le droit se dirige vers une « responsabilité sans faute », c’est-à-dire qu’une société sera tenue responsable, donnant la possibilité à la victime d’être dédommagée quasi-automatiquement. Ce responsable sera ensuite tenu de prouver la raison de l’accident, qu’il s’agisse d’un capteur défaillant, d’un problème mécanique ou encore d’un bug de l’algorithme dans le logiciel (avec la possibilité de se faire rembourser le cas échéant).

Astuce Malynx !

Malgré les innovations qu’elles présentent, les voitures contrôlées par la pensée mettront encore du temps avant de s’installer sur le marché de l’automobile. Pour le moment, les conducteurs qui utilisent encore leurs deux mains sur un volant ont tout intérêt à comparer les offres d’assurance auto pour trouver l’assistance la mieux adaptée en cas d’accident.

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