Sécurité routière : les Français inconscients ?

Alors qu’on vous annonçait une baisse des morts sur la route pour l’année 2012, et qu’on pensait (un peu naïvement) que les Français avaient décidé de surveiller leur comportement au volant, une récente étude d’Ipsos tombe comme un couperet. Cette étude publiée le 1er mars 2013 montre que si nous avons bien conscience des dangers routiers, nous sommes en revanche moins doués pour nous remettre personnellement en question. Explications.

Les automobilistes satisfaits d’eux-mêmes

Ainsi, si la part des Français optimistes quant à une éventuelle baisse du nombre de morts sur la route n’est pas négligeable (59%), les autres chiffres révélés par Ipsos révèlent qu’en réalité, personne ne semble s’imaginer que l’on puisse soi-même être à l’origine du danger. Par exemple, 43% des automobilistes jugent les autres stressés et sont même 26% à qualifier les autres de dangereux… Pourtant, si on leur demande de dire ce qu’ils pensent de leur propre conduite, les automobilistes sont 99% (rien que ça!) à la qualifier de bonne.

L’autocritique n’est visiblement pas une spécialité dans notre pays…

Le danger, c’est les autres

Alors, si on leur demande, ces 99% diront-ils qu’ils respectent à la lettre le code de la route? C’est là que les chiffres deviennent surprenants: même s’ils jugent leur conduite bonne, les Français interrogés ne cachent pas qu’il leur arrive de commettre bien des écarts.

Ainsi, on apprend par exemple que 90% des automobilistes dépassent quelque fois les limitations de vitesse et qu’ils sont même 19% à le faire régulièrement. Et ces constatations sont valables pour de nombreuses infractions.

Il en va de même avec les facteurs accidentogènes comme le manque de sommeil. 74% des automobilistes s’accordent à dire qu’il ne faut pas conduire quand on est fatigué… Pourtant, ils sont 37% à prendre le volant alors qu’ils se sentent très fatigués. On retrouve des chiffres similaires dans le cas de l’alcool au volant. 19% des conducteurs ne s’interdisent de prendre le volant qu’à partir de trois verres (au lieu des deux réglementaires). Mais dans ce cas, comment se fait-il que 94% des interrogés déclarent ne jamais prendre le volant quand ils ressentent les effets de l’alcool? Vous pouvez faire le calcul: 19+94, ça ne fait pas 100.

D’où viennent ces incohérences? Est-ce de l’inconscience? Sommes-nous vraiment incapables de nous imaginer que nous pouvons potentiellement être dangereux nous-mêmes? En tout cas, cette étude a le mérite de nous rappeler qu’en matière de sécurité routière, ce ne sont pas seulement «les autres» qui doivent faire attention sur la route, mais nous aussi.

Étude Ipsos pour la fondation Vinci menée les 22 et 23 février 2013 auprès d’un échantillon de 958 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées par téléphone.

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