Sécurité routière : que peut-on attendre de François Hollande ?

La rédaction d’Auto Plus, dans son édition du lundi 21 mai, a décidé d’imaginer que les propositions du président de la République François Hollande en matière de sécurité routière, allaient être suivies d’effet. En effet, en multipliant les propositions chocs sur ce sujet lors de sa campagne électorale, François Hollande s’était avant tout illustré par sa volonté de rompre avec la politique de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, fortement répressive.

Tour à tour interrogé par le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), la Prévention routière ou encore l’association 40 millions d’automobilistes, François Hollande candidat a eu tout le loisir de présenter ses points de vue sur la place de l’automobile en France et particulièrement sur la sécurité routière. Auto Plus a sélectionné quelques déclarations du candidat socialiste désormais président, déclarations sur lesquelles il sera évidemment jugé et qui, si elles aboutissent sur des actes concrets, pourraient franchement changer la donne pour les usagers de la route.

Vers moins de répression en matière de sécurité routière?

Il n’aura échappé à personne, automobiliste ou pas, plus largement usager de la route ou pas, que sous le mandat de Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire pendant ces 5 dernières années et même avant d’ailleurs, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, la politique de sécurité routière avait pris une allure ultra répressive.

L’illustration la plus manifeste de cette répression comme seul mot d’ordre étant comme tout le monde le sait, la multiplication de radars de toutes sortes et de toutes formes.

François Hollande, alors seulement candidat, avait pointé du doigt cette politique du tout répressif en rappelant notamment que le pendant préventif de la sécurité routière avait été mis à mal et que l’usager de la route n’entrait même plus, si tant est qu’il y fût entré à un moment donné, dans la réflexion sur les questions de sécurité routière.

Voici donc à quoi pourrait ressembler la sécurité routière en France si François Hollande président respecte ses engagements:

  • «Je souhaite passer un contrat de responsabilité avec les Français qui doivent se reconnaître dans la politique de sécurité routière, et en devenir eux-mêmes les acteurs principaux». Par une telle affirmation, le président de la République s’engage à créer un véritable dialogue avec les associations d’automobilistes, jusqu’ici tenues à l’écart.
  • «La sécurité routière est aujourd’hui perçue par certains comme un prétexte à la sanction et à la taxation». Comme il est bon d’entendre cette phrase! En effet, les automobilistes, motards et autres usagers de la route commençaient effectivement à se dire qu’on les prenait pour des vaches-à-lait.
  • «Bien qu’il ait affirmé en 2007 faire de la sécurité routière une priorité, les mots n’ont pas été suivis d’effets». Selon Auto Plus, Nicolas Sarkozy s’est en effet rendu responsable d’un double échec en matière de sécurité routière. D’une, l’insécurité routière n’a diminué que de 14% en 5 ans (contre un recul de 36% durant le 2nd mandat de Chirac) et de deux, l’objectif de 3000 tués fixé en 2007 n’a jamais été atteint.
  • «J’affirme clairement vouloir être intransigeant avec le respect des règles, notamment en ce qui concerne l’alcool, principale cause d’accidents». Énorme différence de perception donc entre François hollande qui considère que la conduite en état d’ivresse est une priorité, contrairement à son prédécesseur, obnubilé par la vitesse comme en témoignent toujours et encore les radars.

Et pour le reste, François Hollande souhaite réhabiliter l’aspect préventif de la sécurité routière pour les jeunes conducteurs mais aussi pour les seniors, par l’instauration de formation post-permis, à tous les âges de la vie. Le président de la République souhaite également rendre le permis plus accessible financièrement.

Enfin, sur la question de l’amnistie des PV, rien de semble gravé dans le marbre pour l’instant.

Source: Pascal Pennec, «La fin du tout-répressif?». Auto Plus, lundi 21 mai 2012, n°1237.

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