Quand la publicité fait de la voiture électrique une auto écolo

Qu’elle s’appelle Autolib’ (Bolloré à Paris), Bluely (Bolloré à Lyon) ou Zoé (Renault partout), la voiture électrique ne tient pas sa promesse écologique, dixit le jury de déontologie publicitaire (JDP) nous apprend LeMonde.fr dans un article paru le 26 juin.

À la suite de plaintes déposées par l’association Observatoire du nucléaire contre Autolib’ et Bluely en avril et par la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) contre la Renault Zoe en mars dernier, le JDP a estimé que les publicités des voitures incriminées «font état du caractère écologique du service promu sans le moindre élément de relativisation ou de comparaison ». Explications…

Choix malheureux de tournure

Sur son site Internet, Autolib’ annonce «Écologique, pratique et accessible à tous, Autolib’ c’est une nouvelle façon de se déplacer et d’aider nos villes à respirer». De son côté, Bluely déclare «Pourquoi choisir le service Bluely ? Était-il possible d’inventer un service automobile pour les Grands Lyonnais à la fois simple d’utilisation, très pratique, écologique et économique ? Essayez Bluely ! ».

Enfin, dans la même veine, la publicité de la Renault Zoe nous conseille « Pour lutter contre la pollution, roulez en voiture » avant de préciser «Renault Zoe. 100% électrique, 0% d’émissions**» et de nous renvoyer à la mention: «** De CO2 à l’usage (hors pièces d’usure)».

Ainsi, pour rendre sa décision, le jury s’est basé sur la Recommandation Développement durable de l’ARPP, Autorité de régulation professionnelle de la publicité dont dépend le JDP. Aux termes de cette recommandation, il est notamment spécifié que «La publicité ne doit pas induire le public en erreur sur la réalité des actions de l’annonceur ni sur les propriétés de ses produits en matière de développement durable.» (Art.1: «Véracité des actions»)

Par ailleurs, il est précisé que «Le message publicitaire doit être proportionné à l’ampleur des actions menées par l’annonceur en matière de développement durable ainsi qu’aux propriétés du produit dont il fait la promotion.» (Art.2: «Proportionnalité des messages»). Enfin, la Recommandation indique que «Dans le cas où il serait impossible de justifier des formulations globales (ex. : écologique, vert, éthique, responsable, préserver, équitable, durable, …), la publicité doit les relativiser en utilisant des formulations telles que “contribue à”. Les termes, expressions ou préfixes utilisés ne doivent pas traduire indûment une absence d’impact négatif du produit ou de l’activité de l’annonceur» (Art. 6 «Vocabulaire»).

C’est dans ces conditions que le directeur général de l’ARPP Stéphane Martin a déclaré: «Ces publicités doivent être pondérées, relativisées. Tout véhicule a un impact sur l’environnement, lors de sa construction comme de son cycle de vie. On ne peut pas qualifier la voiture électrique de propre mais on peut avancer qu’elle contribue au développement durable ou qu’elle est plus propre que les voitures thermiques, à condition d’en apporter la preuve.»

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