Pourquoi les péages sont-ils si chers ?

Alors qu’on vous annonçait, pas plus tard que jeudi 28 novembre, que les tarifs des péages allaient augmenter au 1er février prochain, l’AFP nous apprend à l’instant que «La commission des finances de l’Assemblée nationale vient de saisir l’Autorité de la concurrence afin qu’elle rende un avis sur la question de la gestion privatisée des autoroutes par les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA)».

Règlement de comptes ou simple effet d’annonce? Car, et vous le savez, depuis que l’état a bradé l’exploitation de ses autoroutes, ses «bijoux de famille» selon l’expression consacrée, Il semblait (ou du moins faisait très bien semblant) s’être totalement désintéressé de toute problématique liée à ladite exploitation, et notamment à la hausse sempiternelle des prix des péages.

«Les péages devraient être soumis à une régulation tarifaire»

L’autorité de la concurrence avait été saisie en 2005 au moment-même de la privatisation des autoroutes par l’Association pour le maintien de la concurrence sur le réseau autoroutier (AMCRA) sur la question de savoir si une véritable concurrence sur les marchés de travaux autoroutiers pourrait être envisagée après la privatisation.

Aux termes de la recommandation datée du 05 décembre 2005 que l’Autorité de la concurrence avait émise, elle estimait, visionnaire que «sauf obligations spécifiques imposées dans le contrat de concession, il est peu probable que les futurs gestionnaires accepteront de se soumettre, pour l’exécution des travaux d’entretien ou d’amélioration de leurs réseaux, aux mêmes règles de mise en concurrence que les actuelles SEMCA, notamment s’ils sont adossés ou associés à une entreprise de travaux publics.»

Et, comme vous le savez sans doute, 2 des 3 sociétés concessionnaires d’autoroute, Vinci Autoroutes et APPR font partie de géants du BTP, respectivement Vinci et Eiffage. C’est donc pour éviter une situation de monopole que l’Autorité avait précisé (toujours dans la recommandation de 2005) qu’il fallait «une séparation claire entre l’activité de monopole et les activités soumises à la concurrence, afin d’éviter notamment des mécanismes de subventions croisées qui viendraient fausser la compétition sur les activités concurrentielles, et, d’autre part, une régulation efficace des prix pratiqués par le monopole».

Attendu pour l’été 2014, le nouvel avis rendu par l’Autorité de la concurrence devra faire le point sur la mise en œuvre des recommandations qu’elle avait formulées à l’époque, ainsi que sur la hausse des tarifs des péages.

Affaire à suivre….

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