Pollution : comment les villes du monde régulent leur circulation

Afin de limiter la pollution de l’air, la circulation alternée était mise en place ce lundi 23 mars à Paris pour la troisième fois en 18 ans. Mais au-delà de l’hexagone, d’autres métropoles n’hésitent pas à établir des réglementations bien plus drastiques lorsqu’il s’agit d’améliorer la qualité de l’air.

Cela commence à devenir une mauvaise habitude : à chaque début de printemps, la pollution aux particules fines explose dans les grandes villes françaises. Souvenez-vous en 2014, la circulation alternée était mise en place à la même époque, le 17 mars, afin de réduire les forts taux de pollution enregistrés dans la capitale. Ce 23 mars 2015, rebelote : seules les voitures affichant une plaque d’immatriculation impaire étaient autorisées à circuler à Paris et dans 23 communes d’Ile-de-France. Pour favoriser le retour à la normale, les transports en commun étaient également gratuits, ainsi que la première heure de location des Vélib’ et Autolib’.

A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle : ces dispositifs n’ont été appliqués que le temps d’une journée. Pourtant, certaines grandes agglomérations à travers le monde ont pris à bras le corps le problème de la pollution – depuis plusieurs années pour certaines – au moyen d’initiatives permanentes visant à limiter les émissions nocives des véhicules urbains. Avantage supplémentaire, la diminution de voitures en circulation fluidifie également le trafic routier dans ces zones très empruntées. Tour d’horizon des initiatives pour une ville plus respirable.

Mexico : la circulation alternée en continu

En matière de circulation alternée, la France a quelques leçons à tirer de l’Amérique latine. Dans la gigantesque métropole de Mexico, la circulation y est restreinte de façon permanente depuis 1988. Selon la couleur d’une pastille présente sur la plaque d’immatriculation, une partie des véhicules a le droit de circuler cinq jours ouvrables de la semaine tandis que les autres restent au garage et vice-versa. Un exemple de lutte contre les émissions de gaz polluants et qui aide la capitale à réguler un trafic routier intense.

Pékin : l’apprentissage des Jeux Olympiques

Vous les avez en mémoire, ces clichés de la métropole chinoise obscurcie par un voile grisâtre ? La faute à la pollution atmosphérique qui est là-bas constante. Pour qualifier ce phénomène sans pareil, on parle même d’« hyperpollution ». En 2008, Pékin décide d’agir alors que les Jeux Olympiques d’été sont sur le point de débuter. La circulation alternée y est obligatoire pendant les deux mois de l’événement et c’est un succès ! L’air est purifié, la circulation fluidifiée,… de quoi pousser les autorités à maintenir une circulation restreinte. Aujourd’hui, 20% des véhicules ne peuvent pas circuler durant les jours de la semaine tandis que les poids lourds et voitures les plus anciennes (munis d’une étiquette jaune sur le pare-brise) n’ont pas le droit d’entrer dans le centre-ville.

Pollution à Pekin

Londres : un péage pour entrer dans l’hyper-centre

Quand en 2005 Londres instaure son péage urbain, c’est la plus grande ville au monde à utiliser ce type dispositif. Tout véhicule souhaitant entrer dans le centre-ville londonien entre 7h et 18h doit s’acquitter d’une taxe à hauteur du 8 £, soit un peu plus de 10€. Depuis, plusieurs études ont prouvé l’efficacité du péage pour limiter l’accumulation de bouchons et encourager la population à utiliser des transports non polluants ou en commun mais les conséquences positives sur la qualité de l’air restent encore incertaines…

Tokyo : faire disparaître le diesel

Alors qu’en France le débat fait rage autour de l’interdiction du diesel, Tokyo a décidé d’écarter ce type de carburant émetteur de particules fines responsables de nombreux cancer. Le gouvernement tokyoïte a mis en place dès les années 2000 une série de mesures et sanctions pour favoriser l’acquisition de véhicules propres et abandonner peu à peu les moteurs diesel. Entre 2001 et 2011, la concentration en particules fines a diminué de 55%. Mieux encore, les ventes de voitures diesel représentent aujourd’hui au Japon moins de  1% !

Ces exemples ont de quoi inspirer la France en matière de lutte contre la pollution de l’air dans les grandes villes. Pour l’instant, les quelques actions menées par le gouvernement sont en effet plus polémiques qu’efficaces… Affaire à suivre, au prochain pic de pollution ?

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