D’où vient vraiment l’obligation de posséder un éthylotest à bord de chaque voiture ?

Il est moins question ici de «théorie du complot» que d’une interrogation légitime, posée par la rédaction de Motomag.com. En effet, le site a publié le 28 juin 2012 l’article «Éthylotests obligatoires : une mesure née d’un lobbying acharné» dont le titre éloquent nous invite à nous demander à notre tour qui est derrière tout ça.

Alors qu’on serait tenté de répondre:«Nicolas Sarkozy?» puisqu’on se souvient tous de son discours du 30 novembre 2011 dans lequel il exprimait sa volonté de lutter contre l’alcool au volant, à l’origine de 31% des accidents mortels, Motomag a tout l’air de penser que la vérité est ailleurs…

Les fabricants d’éthylotests à l’origine de la mesure?

Suivant le raisonnement de Motomag, faisons si vous le voulez bien notre propre petite enquête qui va en réalité se résumer à une seule question. Rappelons-le d’abord, à partir du 1er juillet 2012, la possession d’un éthylotest à bord de chaque véhicule à l’exception des cyclomoteurs de 50cm3 sera obligatoire, sous peine d’écoper à partir du 1er novembre 2012 d’une amende de 11€.

À la lecture du décret rendant obligatoire la détention d’un éthylotest, on se rend vite compte qu’en réalité un seul éthylotest ne saurait suffire étant donné que le texte précise qu’en cas de contrôle, l’automobiliste ou le motard devra présenter un éthylotest non utilisé. Or, s’il s’auto-teste et ne possède qu’un seul éthylotest, il ne sera plus en mesure de respecter la mesure.

Tout ceci nous amène naturellement à nous poser LA question qui compte, à savoir: «Mais à qui donc profite cette mesure?». Procédons par déduction logique:

  • À l’usager de la route? Certainement pas puisqu’il doit doublement mettre la main à la poche (pour l’achat de 2 éthylotests) sous peine de mettre la main à la poche (pour régler l’amende de 11€).
  • A la sécurité routière? On aimerait y croire puisque c’est vraisemblablement l’objectif affiché mais on ne peut s’empêcher d’être quelque peu influencé par les paroles de Chantal Perrichon, présidente de la ligue contre la violence routière, qui prédit déjà l’inefficacité de la chose. Par ailleurs il est, vous en conviendrez, un peu tôt pour prétendre que cette mesure sert la sécurité routière.
  • Aux fabricants d’éthylotests? Bonne pioche. Car selon Motomag.com, «Les deux fabricants présents sur le marché français, Contralco et Red Line Products, les seuls à proposer des appareils homologués, pourront se partager sans la moindre contestation un potentiel d’équipement estimé à 76 millions d’euros.»

Et, puisqu’il faut donner un nom, c’est Daniel Orgeval qui est très largement soupçonné de lobbying pro éthylotests obligatoires. Qui est Daniel Orgeval, vous demandez-vous incrédule?

Daniel Orgeval, attention dossier, est inspecteur départemental de sécurité routière (IDSR), ex-collaborateur d’un fabricant de radars et surtout chargé de mission chez Contralco….

Voilà voilà, ne jugeons rien mais disons tout!

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