La fin du monopole des constructeurs auto sur le marché des pièces détachées ?

En 2012, l’Autorité de la concurrence s’était prononcée pour la libéralisation du marché des pièces de carrosserie, qui pour l’instant est le monopole des constructeurs auto. Eux seuls ont le droit de décider qui peut fabriquer leurs pièces détachées, mais aussi qui peut les vendre et à quel prix.

Les constructeurs avaient alors déposé un recours au Conseil d’État pour annuler l’avis de l’Autorité de la concurrence qu’ils qualifiaient «d’excès de pouvoir». Or les recommandations de l’Autorité n’ayant pas valeur de loi et n’étant qu’un «examen du fonctionnement concurrentiel du secteur», le Conseil a rejeté le recours. L’UFC Que Choisir salue cette décision qui va dans le sens de la libéralisation, qu’elle souhaite depuis longtemps.

La libéralisation des pièces de carrosseries entraînerait une baisse des prix

Les constructeurs bénéficient d’un monopole sur la production et la vente des pièces de carrosserie, car les modèles et les dessins sont protégés juridiquement. Pour faire simple, ces pièces font l’objet de la même protection que les œuvres d’art, il est ainsi interdit de les copier sans autorisation.

Dans un rapport de 2011, l’UFC Que Choisir s’était déjà attaquée à ce marché, dont le fonctionnement pénalise fortement les consommateurs. Puisque les constructeurs ont la mainmise sur leurs prix, la loi de la concurrence, qui normalement permettrait une baisse des prix, est neutralisée. On constate en effet une augmentation des prix supérieure à l’inflation sur les 12 derniers mois (1,8% pour les pièces contre 0,9% pour l’inflation).

Les tarifs sont plus élevés que chez nos voisins européens (l’Espagne ou la Belgique, par exemple) où les constructeurs n’ont pas ce monopole. En 2011 en Belgique, les pièces coûtaient 33,5% moins cher que chez nous. Quand on sait que les réparations et l’entretien représentent 40% du budget auto des ménages, on se rend compte de l’impact que cette réduction aurait sur le pouvoir d’achat des Français.

L’association explique que la libéralisation serait profitable pour les consommateurs car l’introduction d’une véritable concurrence ferait baisser significativement les prix. Le consommateur aurait de plus la liberté de choisir. En cas d’accident avec votre Citroën, vous ne seriez plus obligé d’acheter une pièce fabriquée par Citroën, vous pourriez vous tourner vers un producteur alternatif, moins cher. Les tarifs des assurances auto seraient également réduits, puisque les pièces de carrosseries seraient moins chères à rembourser.

L’UFC Que Choisir se félicite donc de la décision du Conseil d’État et appelle à une modification de la loi française afin de suivre les recommandations de l’Autorité de la concurrence.

Afficher les questions et commentaires
Et si on discutait ?

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation des cookies Fermer

Revoir mes dernières offres