La fin du diesel serait-elle proche ?

L’année 2015 marque un tournant dans le règne du diesel, roi du parc automobile français. Pour la première fois depuis 2001, la part des ventes de véhicules équipés d’un moteur diesel chute en dessous des 60%. LeLynx.fr vous explique le pourquoi de son déclin.

Plébiscité pendant des années pour son atout « économique », le diesel est aujourd’hui en perte de vitesse. C’est avec un timide pourcentage de vente à hauteur de 59% que le carburant débute l’année, passant pour la première fois depuis 15 ans sous le seuil symbolique des 60%.

Le revirement historique est relayé par Largus.fr dans un dossier paru ce 16 février. Selon leurs chiffres, le diesel est devenu minoritaire en 2014 sur les modèles de voitures citadines (3%) et polyvalentes (44%) et le sera sans doute prochainement sur les petits monospaces (57% en janvier 2015), les petits SUV (58%), voire les compactes (68%).

Les constructeurs prennent peu à peu le virage des carburants alternatifs ou reviennent à des moteurs essence à l’image de Dacia. La  marque low-cost de Renault est passée de 81 à 57% de véhicules diesel en l’espace de deux ans ! Deux autres marques se détournent également du diesel : Fiat et ses petites citadines ne dépassent pas les 29% tandis que Toyota (27%) préfère développer sa gamme hybride-essence.

Carburant diesel : des avantages et autant d’inconvénients

Cette tendance est d’autant plus étonnante quand on sait qu’en 2008 les ventes de voitures alimentées en diesel atteignaient les 77% : un pourcentage colossal, boosté par l’instauration d’une juteuse prime à la casse cette année là. Aujourd’hui diabolisé car jugé très polluant, le diesel a pourtant connu des années de gloire dès la fin des années 80.

Il est vrai que grâce à un meilleur rendement énergétique, les véhicules diesel consomment moins que les véhicules essence. Mais cet argument choc n’est valable que lorsqu’on parcourt de grandes distances à hauteur de 15 000 km par an minimum. En dessous ou pour des usages exclusivement citadins, le diesel ne présente pas d’intérêt et pollue plus que l’essence en rejetant des microparticules imbrûlées.

Le gouvernement précipite une chute déjà amorcée

« En se raréfiant sur les véhicules à usage urbain, pas sur ceux à usage routier, le diesel revient à sa vocation. Bonne nouvelle, qui rend bien vaine la volonté, aux conséquences sociales et financières coûteuses, de le bannir des villes. » Largus.fr fait ici référence au cheval de bataille du gouvernement actuel : faire disparaître à terme le diesel au moyen d’une série de mesures « vertes ».

Le programme 2015 du ministère de l’Ecologie annonce la mise en place d’un super-bonus de 10 000€ pour l’achat d’une voiture électrique et l’abandon d’un véhicule diesel. Une bonne initiative pour transformer le parc automobile français mais qui peut avoir des conséquences néfastes sur le marché de l’occasion. Un abandon précipité du diesel pourrait pénaliser les automobilistes propriétaires de véhicules diesel dont la valeur à la revente risque de nettement diminuer…

En fin de compte, les grands gagnants de l’histoire seront sans grande surprise les constructeurs. Si le gouvernement persiste à financer des primes à la casse toujours plus alléchantes, les ventes de véhicules repartiront sans conteste à la hausse !

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