Vers la fin des amendes pour les petits excès de vitesse ?

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La proposition d’un sénateur Les Républicains de ne plus faire payer d’amende pour des dépassements inférieurs à 10 km/h fait débat. Si les automobilistes sont las de casser leur tirelire pour financer les dépenses publiques, les associations de lutte contre la violence routière s’insurgent des conséquences d’une telle mesure.

L’idée du sénateur Alain Fouché – soufflée par 40 Millions d’automobilistes – est la suivante : ne plus administrer d’amende pour les excès de vitesse inférieurs à 10 km/h, mais conserver la sanction de la perte d’1 point sur le permis. Cet élu de la Vienne affirme que « 71% des conducteurs sont flashés pour des excès de vitesse compris entre 1 et 10 km/h » et que la plupart de ces infractions sont d’origine involontaire.

Actuellement, se faire surprendre à peine au-dessus de la vitesse autorisée est passible d’un PV de 68 € à 90 €. Une amende incomprise par les automobilistes, qui s’estiment rackettés par l’État et considérés, à tort, comme de mauvais conducteurs. Selon le sénateur, cette proposition permettrait de réhabiliter l’image des radars et de les faire passer pour de véritables outils de sécurité routière.

Excès de vitesse sur l'autoroute

71 % des Français sont favorables à la suppression de l’amende pour les excès de vitesse inférieurs à 10 km/h, selon un sondage IFOP.

Une mesure controversée

A l’inverse, les associations de lutte contre les violences routières estiment qu’une telle mesure aurait pour conséquence inévitable de faire grimper le nombre de morts sur les routes. Et ceci, pour différentes raisons :

  • Alors que le bilan 2015 de la mortalité routière devrait encore annoncer un chiffre à la hausse, l’IFSTTAR (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux) affirme qu’en 2010, « 46 % des accidents mortels liés à la vitesse étaient attribuables à des dépassements de moins de 10 km/h, contre 16 % en 2001 » ;
  • Toujours selon l’IFSTTAR, 15 000 vies ont été sauvées grâce aux radars entre 2003 et 2011. Supprimer les amendes concernant les excès de vitesse de moins de 10 km/h reviendrait à priver de financement le parc de radars et ainsi à mettre en péril leur entretien.
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Et si on discutait ?

    Il suffit de voir la page d’accueil du site internet de cet organisme pour comprendre qu’il s’agit encore d’un de ces comités composé de sommités qui vont d’abord chercher auprès des politiques et du ministère les attendus de leurs travaux avant de démarrer des études.
    La vitesse tue mais la bêtise aussi, il suffirait de comptabiliser les accidents dus à des séances de maquillage intempestif ou aux rois et reines du SMS au volant pour s’en rendre compte.
    La conduite est un acte complexe que la majorité des gens effectuent de manière quasi inconsciente sans se soucier du monde extérieur. La formation au permis auto est indigente, et l’absence de formation au cours de la vie des conducteurs est une hérésie.

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    Après 40 ans de responsabilités dans la Police Nationale je découvre l’existence de l’IFSTTAR dont les affirmations, au moins dans leur formulation ci-dessus, me laissent pantois.
    En 40 ans d’analyse des « formulaires 1000 » (document statistique dressé pour chaque accident corporel recensant 1000 critères) je n’ai jamais vu une seule conclusion attribuant la responsabilité de l’accident à un « excès de vitesse inférieur à 10KmH ». « Vitesse excessive » et « défaut de maîtrise » sont les 2 ponts aux ânes avancés lorsqu’aucune autre causalité précise n’a pu être objectivée. Quant aux « 15000 vies sauvées par les radars » c’est carrément de la statistique vue de Sirius. Vouloir trop prouver démythifie complètement la démonstration.

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