Vers un abaissement généralisé des limites de vitesse ?

Afin de lutter contre la pollution routière et les accidents de la route, les élus parlent régulièrement de réduire la vitesse sur le périphérique parisien. Pour les autres routes, l’idée est plus rarement soulevée, même si le Conseil national de la sécurité routière (CNSR) a suggéré il y a quelques mois de réduire la vitesse limite sur l’autoroute. Cette proposition est revenue, cette fois dans le cadre du débat sur la transition énergétique et pourrait être étendue à toutes les routes.

Rouler moins vite pour économiser de l’énergie

Peut-être savez-vous que depuis quelques mois a lieu un grand débat national sur la transition énergétique, dont le but est de trouver des solutions pour économiser l’énergie et développer les énergies renouvelables.

Parmi les instances créées à cette occasion, on retrouve le Conseil national du débat. Composé notamment de représentants de syndicats, d’élus ou d’associations environnementales, il est chargé de piloter les discussions et de les orienter. Celui-ci doit également formuler des propositions afin de préparer un projet de loi sur la transition énergétique présenté au Parlement à l’automne 2013.

Ces propositions seront officiellement présentées les 20 et 21 septembre de cette année. Aujourd’hui, le 18 juillet 2013 a lieu la 9ème et dernière séance plénière du Conseil national du débat, au cours de laquelle seront discutées les 15 recommandations qui seront rendues au gouvernement. Parmi celles-ci devrait figurer l’idée de réduire les vitesses sur toutes les routes.

L’idée du Conseil serait donc une réduction généralisée de la vitesse sur tous les types de route et pas seulement sur l’autoroute, comme l’avait déjà suggéré le CNSR il y a quelques mois. On passerait alorsà :

  • 120km/h (voire 110km/h) sur autoroute au lieu de 130;
  • 80km/h sur route de campagne au lieu de 90;
  • 30km/h en ville au lieu de 50.

Un véhicule qui roule moins vite est un véhicule qui émet moins de gaz polluants et qui consomme moins. Ainsi, dans le cadre d’un débat visant à réduire la consommation d’énergie, c’est une proposition qui semble logique. De plus, rouler moins vite permettrait de réduire la gravité des accidents de la route.

Le gouvernement favorable à une baisse des limites de vitesse

S’il ne s’agit encore que d’une suggestion, le gouvernement a déjà manifesté son soutien à ce type de mesures. Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls est par exemple en faveur d’une réduction de la vitesse sur le périphérique parisien. De même, en avril, le CNSR avait proposé de réduire la vitesse sur autoroute à 120km/h, afin de lutter contre la mortalité routière (d’après l’idée selon laquelle baisser la vitesse d’1km/h réduirait le nombre de morts de 4%). L’idée d’étendre une telle mesure à toutes les routes avait déjà été suggérée à ce moment-là. Le ministre a par ailleurs lui-même jugé que la réduction de la vitesse était «inéluctable».

Bien entendu, une telle idée a ses détracteurs. La Ligue de défense des conducteurs propose par exemple une pétition sur son site pour demander à Manuel Valls de renoncer à la réduction de la vitesse autorisée car elle entraînerait une «explosion totalement insupportable des PV».

L’association 40 Millions d’automobilistes s’oppose également à cette mesure, en expliquant que la somnolence ou l’alcool sont des facteurs accidentogènes bien plus graves. Selon elle, les limites de vitesse sont parfaitement adaptées et elle invite même Manuel Valls à «se confronter à la réalité des routes» en montant en voiture avec l’association pour un trajet Paris-Lyon afin qu’il constate par lui-même que ces limites sont parfaitement sécurisantes. Sur la question écologique, l’association reste cependant muette.

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