En continuant la navigation, vous acceptez les cookies. Ils nous permettent d'améliorer nos contenus pour vous proposer des services adaptés. En savoir plus
Vous pouvez également consulter notre politique de confidentialité ici.

Martial Bourquin : « Le coût des assurances emprunteur est scandaleux ! »


Le sénateur du Doubs est revenu avec de nouvelles idées pour faciliter le changement d’assurance emprunteur. Et sa proposition de projet de loi a été adoptée ! Nous l’avons interrogé quelques heures avant le débat, mercredi 23 octobre, au Sénat.

Morceaux choisis de l’interview :

La loi Bourquin, entrée en vigueur en 2018, visait principalement une baisse des coûts ?

Il y avait une idée essentielle : faire baisser le coût. Le coût est trop important, il est même scandaleux parfois. En renégociant, des assurés ont gagné 16 000€, 18 000€, 20 000€…

Pourquoi, malgré la loi, la résiliation reste difficile ?

Parce qu’on ne leur répond pas dans 30% des cas, parce qu’on leur dit « vous vous êtes adressé au mauvais endroit » et des subterfuges qui amènent à l’abandon de la personne.

Quelles sont les trois grandes idées de votre proposition de loi ?

Première idée : la date de l’assurance emprunteur, c’est la date du prêt. La deuxième chose, c’est qu’il y ait obligation du service bancaire de donner les informations de résiliation à l’assuré. Troisièmement, s’il y a mauvaise volonté, il y aura des amendes administratives qui pourront monter à 15 000€.

Vous attendez-vous à une résistance des banques ?

La Fédération des banques françaises a donné son désaccord. Rappelez-vous qu’elle avait fait un recours au Conseil constitutionnel, qu’elle a perdu. L’intérêt général fait que non seulement cette proposition de loi irait pour les contrats futurs mais aussi pour les contrats en stock.

Les assurtechs proposent aujourd’hui des offres mensuelles. Faut-il que la législation s’adapte ?

Sur l’assurance emprunteur, on n’a pas pris cette orientation. L’idée n’est pas de fragiliser l’édifice, au contraire c’est de faire en sorte que l’assuré ait accès au prêt et à une assurance qui soit convenable.

Le coût des assurances emprunteurs dépasse parfois celui de l’emprunt. Votre loi peut-elle inverser la donne ?

Bien sûr ! L’idée est de redonner du pouvoir d’achat. La croissance française est bâtie sur la consommation des ménages, et des jeunes. Quand les jeunes sont en difficulté, la croissance est en panne. Il faut que les jeunes puissent accéder à la propriété : c’est le rêve d’une vie. Aujourd’hui, les coûts d’assurance gênent l’accès à la propriété.

Êtes-vous optimiste quant à l’adoption de votre proposition de projet de loi ?

Déjà la dernière fois, ça a été adopté au Sénat, à l’Assemblée, et après une commission mixte paritaire. Cela va dans le sens de l’Histoire. On ne peut plus avoir des rentes de situation au détriment des Français. Après, on a le mouvement des Gilets jaunes.

Peut-on espérer une entrée en vigueur dès le 1er janvier 2020 ?

Au premier semestre 2020, c’est possible. Maintenant, le gouvernement a un bon projet de loi devant lui. Il veut redonner du pouvoir d’achat aux Français ? Chiche ! Si c’est lui qui prend en main cette PPL, ça peut aller très vite. Est-ce qu’on regarde passer les trains ou est-ce qu’on prend les choses en main ?

Cet article vous a-t-il été utile ?